La fin de l’artillerie de forteresse


Des bruits de couloirs annonçaient la fin de l’artillerie de forteresse, mais certains n’y croyaient pas.

Il y a bien un colonel, fervent défenseur de la fortification, qui a tout essayé pour empêcher cette situation en publiant par exemple cet article: https://web.archive.org/web/20180919185403/http://www.mhsz.ch/fileadmin/downloads/ASMZ_09_2010_Seite_08.pdf dont vous trouvez ci-dessous une traduction:

Monoblocs de lance-mines bitubes, stop à la démolition !

Col EMG Bernhard Stadlin

L’armée suisse peut-elle encore remplir sa mission constitutionnelle de défense si on lui enlève sans cesse des moyens ! On a de la peine à croire à la liquidation programmée du système de fortification bien protégé et à haute puissance de feu, les monoblocs de lance-mines bitubes de forteresse et les monoblocs de canons Bison de 15,5 cm, car elle s’avère en totale contradiction avec la mission de défense¹.

Il faut empêcher la destruction – nous disons bien la destruction – de ce système très performant ! La fortification n’est malheureusement plus présente dans les têtes du Département de la défense et dans celles des cadres supérieurs de l’armée, pas à cause du maintien du Secret, mais de la croyance aveugle à la conduite mobile des opérations.

En 2003, le dernier monobloc de lance-mines bitubes de forteresse était remis à la troupe, ainsi se terminait un vaste programme de construction couvrant l’ensemble du territoire. La Suisse dispose donc, encore aujourd’hui, d’un système d’artillerie bien protégée, tout à fait moderne, entièrement construit et payé, à haute performance de combat, capable de mener la défense antichar. Ses monoblocs couvrent, sans solution de continuité, parfois en juxtaposition, l’ensemble des secteurs praticables de la zone frontière, également des terrains-clés sur le Plateau, tous les axes importants de trafic et les transversales alpines. Avec ses obstacles fixes ou mobiles, ce systèmede fortification est conforme aux normes internationales concernant les calibres.

A long terme, ils resteront des moyens à prendre très au sérieux. Les fortifications avec leur implantation à la juste place, compensent les désavantages d’un manque de mobilité des forces armées. Comme elles couvrent tous les terrains-clés tactiques, elles protègent comme système la Suisse entière. Comme toujours dans des affrontements armés, les opérations et la présence au sol demeureront prépondérants. De plus, la capacité de dissuasion reste encore aujourd’hui la meilleure défense.

Pour ces monoblocs, on a utilisé l’argent du contribuable, un milliard de francs. Les frais d’entretien annuels ne représentent que quelques pour mille de l’investissement, une dépense négligeable dans le budget global du Département de la défense. Compte tenu de ce facteur, il serait absurde de détruite à grand frais un tel système, de nouveau avec l’argent du contribuable. Pour des raisons de maintien du secret, on ne peut démontrer l’importance nationale de ces monoblocs en donnant leur nombre et les secteurs qu’ils couvrent… mais il serait intéressant de voir les conséquences de leur publication sur le résultat d’une initiative populaire en faveur du maintien du système des monoblocs. En dernière analyse, ceux-ci appartiennent, non au Département de la défense, mais au peuple Suisse qui les a payés pour sa sécurité.

Procéder à une nouvelle réduction de la puissance de feu de l’armée n’est pas responsable. Les contribuables ne comprendraient pas que l’on détruise² – toujours à leurs frais – des investissements qui leur apportent de la Sécurité. 

B.S.

1 traduction libre du texte de l’ancien président de  l’Association FORT-CH, qui a paru dans l’Allgemeine Schweizeriche Militärzeitschrift 9/2010.

2 Il faut imaginer ce que peut coûter la destruction d’un monobloc de lance-mines bitube ou d’un monobloc Bison... On est en droit de se demander si RUAG ne cherche pas à faire du chiffre d’affaire… (note du traducteur)

Article extrait du Bulletin de la Société Jurassienne des Officiers N°28  Février 2012.

Tout à coup la nouvelle apparut publiquement:

https://www.srf.ch/play/tv/10vor10/video/eine-milliarde-fuer-bunkerschliessungen?id=41dc37f4-29b8-4261-8609-ba818015d294&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/10vor10/video/sicherheitspolitiker-wussten-nichts?id=16dae485-9e14-4185-a4d1-ce3750669f31&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

http://web.archive.org/web/20130119145822/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2010/10/21/Schweiz/VBS-Milliarden-verschwinden-im-Bunkerloch

Et vint la confirmation officielle…

La Suisse a tellement la manie du secret que pour annoncer la fin des tirs de forteresse on n’a même pas osé donner l’emplacement des pièces… on a situé les  Bisons de Motto Bartola sur Airolo comme étant au col du Lukmanier (on trouve pourtant  les emplacements exacts sur Internet) !!! Vous remarquerez aussi à quel point on assimile les pièces d’artillerie modernes à l’ancien Réduit National afin de faire passer la pilule (très amère), ce qui prouve la mauvaise conscience des décideurs… les chiffres annoncés ne correspondent pas du tout à la réalité, pire, on triche, lors du 1er communiqué de presse dans lequel on a dit que la munition n’est plus en suffisance, on se garde bien de dire qu’il s’agit seulement de la munition d’exercice…

http://www.vbs.admin.ch/internet/vbs/fr/home/documentation/news/news_detail.39331.nsb.html quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la galle !  Cher Monsieur Maurer vous vous trompez de priorité dans les économies, il aurait fallu commencer par liquider les chars et l’artillerie blindée qui coûtent  plus cher à l’entretien et qui sont encore plus faciles à détruire de la part de presque n’importe quel ennemi …

https://www.letemps.ch/Page/Uuid/e74d9204-9c06-11e0-92cb-b63667b2e16a/La_fin_du_R%C3%A9duit_national_annonc%C3%A9e_%C3%A0_coups_de_canon lien archivé: https://archive.is/jqFZM

http://www.nzz.ch/nachrichten/panorama/festungsartillerie_schweiz_bison-geschuetze_1.11015825.html

https://www.rts.ch/play/tv/lactu-en-video/video/derniers-coups-de-canons-de-forteresse-au-lukmanier?id=3223686  22.06.2011

http://web.archive.org/web/20110809140641/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2011/06/22/Schweiz/Die-letzten-Tage-der-Alpenfestung

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/letzte-schuesse-aus-den-bison-geschuetzen?id=913d6dd4-a4b1-4319-ac7d-96c3477aa69f&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/christoph-heer-heute-ist-ein-spezieller-tag-?id=399b0caf-ca33-44ff-9b87-6abbe149b661&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/rolf-siegenthaler-ba-fuer-genie-und-festung-1989?id=59a9cd32-e3ea-49b6-990e-06b021e20701&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/bruno-lezzi-diese-waffen-passen-nicht-in-eine-moderne-armee-?id=d0e23dbe-4dfc-40dc-864f-fb936ba65422&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/tagesschau/video/festungsartillerie-hat-ausgeschossen?id=d0db39f5-4f0a-44ae-8515-52accc0a2045&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

http://web.archive.org/web/20110625001041/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2011/06/22/Schweiz/Ein-Abschied-mit-Bison-Geschuetzen

http://www.he.admin.ch/internet/heer/de/home/verbaende/gebinfbr12/news/Archiv_2011/Schweizer-Festungsartillerie.html

http://www.sperretrin.ch/sperren/bison.html document sur les Bisons avec photos  des derniers tirs. Cette vidéo était ajoutée: https://www.youtube.com/watch?v=ixcvqF7g5pM
http://www.sperretrin.ch/sperren/12cm-minenwerfer.html document sur les lance-mines avec photos des derniers tirs. Cette vidéo était ajoutée: https://www.youtube.com/watch?v=CPwuG1ohaIU

Vidéo de l’APSF des derniers tirs de lance-mines 12cm à Airolo

https://web.archive.org/web/20181211010935/http://sogart.ch/downloads/Schweiz_ohne_Kampfinfrastruktur.pdf enfin le secret est percé avec ce lien vous découvrez la couverture d’artillerie de la Suisse avec les armes de forteresse modernes, enfin presque, lien archivé. pour plus de précision : http://www.lignemaginot.com/ligne/suisse/valais/bisons/s0/carto.gif lien archivé: https://archive.is/qKd4V

https://web.archive.org/web/20181211022709/http://sogart.ch/downloads/Festung.pdf tout à une fin, mais celle-là fait mal… lien archivé

La forteresse est morte, vive la forteresse:

http://www.he.admin.ch/internet/heer/fr/home/aktuell/events/20111121a.html en français https://www.youtube.com/watch?v=RENZq0qF0wE&feature=youtu.be  ou pour une meilleure qualité: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/b0543904-19e4-4d6b-b7ae-757d449ab5c6

http://www.he.admin.ch/internet/heer/de/home/aktuell/events/20111121a.html in deutscher Sprache https://www.youtube.com/watch?v=Ya7wlNeGl-s&feature=youtu.be oder besser hier: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/0dbbe5ce-4cc7-45dd-b4fc-552b156b12d2

http://www.he.admin.ch/internet/heer/it/home/aktuell/events/20111121a.html in italiano https://www.youtube.com/watch?v=13q-m47GYjg&feature=youtu.be una migliore qualità qui: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/cbadbb31-d1bd-482d-b201-e7aab60cf5fe

Il n’y a que l’armée suisse pour mettre à la poubelle des systèmes qu’elle qualifie elle-même dans la vidéo, d’efficaces et performants…!!!??? Le contraire de ceux qui ont pris la décision…

Et voici qui enterre définitivement tout espoir de survie… :

https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 en français, lien archivé: https://archive.is/PAV4y

https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 in deutscher Sprache, lien archivé: https://archive.is/TLz7k

https://www.parlament.ch/it/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 in italiano, lien archivé: https://archive.is/YYTaN

https://gruppe-giardino.ch/2015/03/17/faktenzur-beabsichtigten-verschrottung-der-bison-geschuetze/ la mort des Bisons, lien archivé: https://archive.today/desBT

2018: l’évolution:

Message sur l’armée 2018

du 14 février 2018

 

5.3 Artillerie de forteresse

Contexte et mesures nécessaires

L’artillerie de forteresse remonte en grande partie à la guerre froide. Si elle convenait à l’époque pour répondre aux menaces, elle a aujourd’hui perdu de sa valeur militaire et politique.

Depuis Armée XXI, l’engagement de l’artillerie de forteresse n’est plus considéré comme moderne. La doctrine a évolué : la défense repose aujourd’hui sur les forces mobiles, le principe étant de pouvoir engager des formations adaptées en tout temps et en tout lieu, ce qui est impossible avec des systèmes d’armes stationnaires.

Diverses tendances expliquent l’émergence d’une nouvelle doctrine.

– Compte tenu de l’évolution de la menace, il est peu probable que la Suisse fasse l’objet d’une attaque mécanisée, contre laquelle l’artillerie de forteresse est conçue.

– En raison du développement des missiles guidés de précision, les forteresses sont toujours plus vulnérables.

– De nombreux secteurs d’action des lances-mines de forteresse sont devenus inutiles parce que les terrains ont été bâtis ou que les positions de barrage et les ouvrages minés qui leur sont associés ont été supprimés.

– Il était devenu presque impossible de garder secrètes les positions d’artillerie, a fortiori depuis que des descriptions exactes et des photos avaient été diffusées sur Internet.

À l’origine, l’artillerie de forteresse comprenait le canon de forteresse 15,5 cm Bison, les lances-mines de forteresse 8,1 cm et 12 cm, les canons 10,5 cm et 15 cm et le canon de forteresse 7,5 cm. À la fin de la guerre froide, tous les moyens d’artillerie de forteresse avaient déjà été mis hors service dans le cadre de la réforme Armée 95, à l’exception des canons de forteresse Bison et des lances-mines de forteresse 12 cm.

Dans son rapport du 23 juin 2010 sur la politique de sécurité6 et son rapport du 1er octobre 2010 sur l’armée7, le Conseil fédéral indiquait déjà qu’il était possible de renoncer à l’infrastructure de combat (canon de forteresse Bison, lance-mines de forteresse 12 cm, positions de barrages et ouvrages minés) et que la mise hors service de ces systèmes allait débuter. Dans son rapport du 20 janvier 2016 sur l’avenir de l’artillerie en exécution du postulat 11.3752, le Conseil fédéral a confirmé que l’artillerie de forteresse serait mise hors service prochainement, la nécessité militaire de ce type de systèmes statiques étant moindre en considération des menaces modernes. Selon lui, il ne serait pas non plus pertinent de garder un nombre réduit de positions d’armes.

La mise hors service de toute l’artillerie de forteresse restante a été décidée en 2011. Cette année-là, le groupe d’artillerie de forteresse 13 a accompli son dernier cours de répétition. Avec la dissolution des troupes de forteresse, la compétence d’exploitation de l’artillerie de forteresse s’est perdue. Depuis 2011, seule une maintenance minimale a été effectuée sur les positions d’armes et sur les abris couverts qui leur sont associés. Ils ne sont donc plus prêts à l’engagement.

La motion 11.4135 concernant la mise hors service des biens d’armement chargeait le Conseil fédéral d’arrêter la liquidation des lances-mines de forteresse prévue par le rapport sur l’armée. Les nouvelles bases légales apportées par la révision de la loi sur l’armée permettent désormais de demander la mise hors service de l’artillerie de forteresse.

Description de la variante proposée et arguments

Dans le cadre de la mise hors service de l’artillerie de forteresse, les canons de forteresse Bison et les lances-mines de forteresse 12 cm restants ainsi que les infrastructures associées doivent être soit vendus, soit vidés et fermés. Des fondations et associations consacrées aux fortifications sont intéressées par une éventuelle reprise des lances-mines. Pour des raisons financières, les objets non vendus seront vidés et fermés.

L’artillerie de forteresse et les infrastructures associées (lances-mines de forteresse, Bison, abris, câbles, etc.) représentent 650 objets environ. Depuis des années, seule une maintenance minimale a été effectuée ; ces objets ne sont donc plus prêts à l’engagement. Pour les conserver, il faudrait prendre d’importantes mesures relevant de la construction, de l’exploitation et de l’organisation, lesquelles entraîneraient des investissements approchant les 250 millions de francs.

Bien que les charges d’exploitation de l’artillerie de forteresse restante aient été réduites au maximum, elles avoisinent tout de même les deux millions de francs par an. Avec la mise hors service, elles pourraient toutefois être ramenées à moins de 0,5 million de francs par année.

La mise hors service de l’artillerie de forteresse débutera après décision des Chambres fédérales en la matière. Les installations concernées par la protection des informations seront alors démontées et les documents de construction et d’exploitation classifiés seront détruits conformément aux directives sur la protection des informations. Suite à cela, les installations figurant dans le registre des ouvrages pourront en être radiées. Enfin, les objets seront transférés vers le parc à disposition. Les contrats conclus avec des tiers seront examinés puis résiliés ou adaptés selon les cas (p. ex. contrats de location ou de fourniture d’énergie).

Une partie des infrastructures peut être réaffectée, par exemple pour servir de magasin de munitions. Les éventuelles réaffectations seront évaluées au cas par cas selon des critères économiques. Lorsqu’elles s’y prêtent, les constructions dont le DDPS n’a pas besoin seront proposées en priorité aux autres services de la construction et des immeubles de la Confédération en vertu de l’ordonnance du 5 décembre 2008 concernant la gestion de l’immobilier et la logistique de la Confédération8. Ce n’est qu’après cela que les infrastructures pourront être mises en vente auprès de tiers, tels que les cantons, les communes ou des sociétés historiques.

La plupart des infrastructures devant être mises hors service se situent en dehors de zones à bâtir. Elles ne peuvent donc être vendues, exploitées en droit de superficie ou louées qu’après la délivrance d’une autorisation spéciale ou en vertu du droit de l’aménagement du territoire, qui est requise pour la reconversion envisagée.

Les infrastructures restantes seront désaffectées selon des principes économiques et feront l’objet d’une maintenance limitée mais suffisante pour rendre supportable le risque découlant de la responsabilité du propriétaire de l’ouvrage. Des travaux de démolition ne seront entrepris que dans des cas exceptionnels, en tenant compte des éventuelles obligations contractuelles ainsi que de considérations économiques et après une évaluation des risques.

La mise hors service s’opérera entre 2019 et 2024.

Autres variantes examinées

Maintien en disponibilité moins élevée

Une variante prévoyant de garder l’artillerie de forteresse à un niveau de disponibilité plus bas et de maintenir ses capacités au minimum afin de pouvoir la réactiver en vue d’une éventuelle réaffectation a été examinée. À l’heure actuelle, cette variante n’est considérée ni judicieuse ni utile pour l’armée. En effet, les installations d’artillerie de forteresse sont trop nombreuses, sans compter qu’il faudrait à nouveau former des troupes le moment venu. Les prescriptions de sécurité ne pourraient être respectées qu’au prix de lourds investissements. Les charges d’exploitation annuelles seraient de l’ordre de 2 millions de francs, ce qui signifie que, pour mettre en œuvre cette variante, 50 millions de francs devraient être investis d’ici 2025. Pour toutes ces raisons, elle a été rejetée.

Maintien d’une disponibilité de base minimale

Une variante prévoyant de maintenir la disponibilité de base à un niveau minimal a également été examinée. Plutôt que de renoncer entièrement à l’artillerie de forteresse, cette variante proposait de garder à des fins d’instruction une réserve minimale de 10 % de tous les lance-mines de forteresse et canons de forteresse Bison, tandis que les 90 % restants seraient mis hors service et éliminés. Les capacités minimales devraient alors être reconstituées.

Pour conserver 10 % de l’artillerie de forteresse en vue de maintenir une disponibilité de base, 15 millions de francs au moins devraient être investis d’ici 2025. Par ailleurs, 20 millions de francs seraient requis chaque année pour les charges d’exploitation, la maintenance des infrastructures et les munitions. Le rétablissement ultérieur d’une disponibilité opérationnelle minimale de tous les lances-mines de forteresse et canons de forteresse Bison nécessiterait un investissement d’environ 250 millions de francs. Pour toutes ces raisons, la variante prévoyant le maintien d’une disponibilité de base minimale a été rejetée.

Conséquences sur la disponibilité opérationnelle

La mise hors service des canons de forteresse Bison et des lances-mines de forteresse n’influera en rien sur la disponibilité opérationnelle de l’armée.

Conséquences sur le plan des finances et du personnel

Charges et recettes uniques

La mise hors service prévue représentera une charge unique de 25 millions de francs. La mise hors service des infrastructures sera financée au moyen du budget ordinaire du DDPS.

La vente prévue devrait rapporter moins de 0,5 million de francs de recettes.

Charges récurrentes et conséquences sur le plan du personnel

Ces dernières années, les charges d’exploitation pour les infrastructures devant être mises hors service ont déjà été largement réduites. Les lances-mines de forteresse, les canons de forteresse et les infrastructures leur étant associées ont fait l’objet d’une maintenance minimale. Les mises hors service demandées permettront d’économiser quelque 1,5 million de francs chaque année en charges de biens et services et de personnel. Ces économies serviront à financer la couverture de nouveaux besoins au sein du DDPS.

Coûts de location bruts

Les coûts de location bruts actuels se chiffrent à 35 millions de francs. En cas de mise hors service complète, ceux-ci n’auront plus lieu d’être.

https://www.derbund.ch/schweiz/standard/bundesrat-will-die-bestie-verschrotten/story/26628839 lien archivé: http://archive.is/pv41b

https://www.msn.com/fr-ch/actualite/national/bundesrat-will-%C2%ABdie-bestie%C2%BB-verschrotten/ar-BBJ8GD7


Dernier développement avec cet article tiré du Schweizer Soldat de Février 2019: (traduction en français en fin d’article)

Was für eine Dummheit

In einem unverständlichen Beschluss hat das eidgenössische Parlament eine der besten Waffen, die unsere Armee je hatte, endgültig «gekillt»: die 12-cm-Festungsminenwerfer mit ihren Zwillingsrohren. Das Geschütz ist (Oder leider: war) präzis, schnell, klug zu bedienen und im Monoblock gut geschützt. Die Monoblöcke deckten den Grenzraum der Schweiz fast vollständig ab und waren in aller Regel nur schwer zu entdecken.

Ausnahmsweise seien drei persönliche Vorbemerkungen erlaubt:

  • Ich weiss, worüber ich schreibe. Im Kalten Krieg kommandierte ich an der damals exponierten Nordostfront im FAK 4 eine Anzahl Monoblöcke in einer schlagkräftigen Einheit.
  • Ebenso weiss ich, dass es Sich nicht gehört, Entscheide, die gefallen sind, anzuzweifeln. Die definitive Abschaffung der 12-cm-Geschütze ist aber eine derartige Dummheit dass man sie nicht einfach ad acta legen darf.
  • Im Kalten Krieg gehörte es zu den Vorzügen der Monoblöcke, dass sie streng klassifiziert waren. Auch wenn sie jetzt abgeschätzt werden, halte ich mich hier an Tatsachen, die seit langer Zeit offen bekannt sind.

Einschiessen oft nicht nötig

In zehn Artillerie-Kommandojahren und vorher als Zugführer erlebte ich mehrere Geschütztypen. Doch nicht einmal die formidable Schwere 10,5-cm-Kanone – zusammen mit dem Saurer-M-6-Zugfahrzeug der «erfolgreichste Geschützzug, den die Schweiz je besass» – schoss derart präzis wie der Festungszwilling. Für den scharfen Schuss hatten wir damals noch ansehnliche Munitionsdotationen. Auch waren die Zielgebiete noch zahlreicher als heute. In all den Schiessen mit dem Festungsminenwerfer war das sonst übliche, traditionsreiche und genau geregelte Einschiessen fast nicht nötig – so exakt schlugen bei normalem Wetter die 12-cm-Granaten im Ziel ein. Denn die Geschütze waren «fest gemauert in der Erden» (Schiller, Glocke) Im Monoblock waren Kanoniere erster Güte und Erfahrung am Werk.

2 x 8 = 16 Schuss pro Minute

Ein guter Richter brachte pro Minute gut und gern 2 x 8 = 16 Schuss ins Ziel. Das Geschütz war einfach zu justieren, der geräumige Monoblock nahm umfangreiche Granaten-Dotationen auf und Munition konnte, wenn es überhaupt nötig war, in der Nacht nachgeschoben werden. Oberst Josef Brunner, Kommandant eines Festungsregimentes, berichtet sogar von 20 Schuss in der Minute. Ich kam von der mobilen Artillerie und befehligte auch nachher wieder mobile Truppen. Ergo kann niemand sagen: «Aha, ein Festungsadvokat.» Im Gegenteil: Das Versagen der Maginot-Linie im Mai 1940 Oder der Zusammenbruch der Bar-Lev-Forts im Oktober 1973 sind sehr wohl bekannt. Was aber die Monoblöcke betrifft, hege ich aus eigener Erfahrung keine Zweifel. Sie waren artilleristisch derart geschickt angelegt, dass sie teils überlappend entscheidende Frontabschnitte abdeckten. Und taktisch wurden sie so klug placiert, dass sie kaum zu entdecken waren.

 

Dichtes Netz

Ich erlebte, Wie in unserer umfangreichen Einheit Zugführer aus einer Grossstadt in dunkler Nacht Mühe hatten, ihren Monoblock wieder zu finden. Die Anlagen waren gut geschützt und achtbar ausgebaut: die Grundlage zum Überleben. Imposant war auch das nationale Netz der Festungsminenwerfer. Wie ein Cordon beherrschten die Zwillingsrohre mit ihrer Auslegung auf 360° den Grenzraum. Geeignet waren sie auf ansehnliche Distanz auch für das Unterstützungsfeuer vor Sperren der Infanterie. «Grüne» Regimente, Bataillone und Kompanien dankten für das Feuer aus den Monoblöcken, wenn ihnen auf ihre Passages obligés kein Feuer von mobilen Artilleriebatterien zur Verfügung stand.

Schildbürgerstreich

1983 wurden die Minenwerfer 59 komplett kawestiert. 2000 nahm die Armee den letzten Monoblock in Betrieb, Wie 2003 die letzte der mächtigen 15,5-cm-Bison-Kanonen. All das hätte mit sehr wenig Geld erhalten werden können. Aber all das putzte das Parlament mit einem Federstrich weg – der Schildbürgerstreich von Dilettanten.

Peter Forster

12cm

Jeder Festungsminenwerfer setzte präzis und auf 360° 12-cm-Zwillingsrohre ein.

Chaque lance-mines de forteresse utilisait des tubes jumelés de 12 cm à 360° avec précision.

Quelle stupidité

Dans une décision incompréhensible, le Parlement fédéral a finalement « tué » l’une des meilleures armes que notre armée n’ait jamais eue : les lance-mines de 12 cm avec leur double tube. La pièce est (ou malheureusement : était) précise, rapide, intelligente à utiliser et bien protégée dans le monobloc. Les monoblocs couvraient presque entièrement la région frontalière de la Suisse et étaient généralement difficiles à découvrir.

A titre exceptionnel, trois remarques préliminaires personnelles sont autorisées :

  • Je sais ce que j’écris. Pendant la guerre froide, j’ai commandé un certain nombre de monoblocs en une seule unité puissante sur le front nord-est alors exposé du FAK 4.
  • Je sais aussi qu’il n’est pas approprié de douter des décisions qui ont été prises. Mais l’abolition définitive des canons de 12 cm est une telle stupidité qu’on ne peut pas la mettre de côté.
  • Pendant la guerre froide, l’un des avantages des monoblocs était qu’ils étaient strictement classifiés. Même s’ils sont en cours d’évaluation, je m’en tiens ici à des faits qui sont connus de tous depuis longtemps.

Tirer souvent n’est pas nécessaire

En dix ans de commandement d’artillerie et avant cela en tant que commandant de peloton, j’ai connu plusieurs types de canons. Mais pas même le formidable canon lourd de 10,5 cm – avec le tracteur Saurer M-6, le « train d’artillerie le plus réussi que la Suisse ait jamais eu » – n’a tiré aussi précisément que le bitube de forteresse. Pour le coup de feu que nous avions à l’époque, il y avait encore des dotations considérables en munitions. De même, les zones cibles étaient encore plus nombreuses qu’aujourd’hui. Dans tous les tirs avec le lance-mines de la forteresse, le tir traditionnel et contrôlé avec précision était presque inutile – par temps normal, les grenades de 12 cm ont atteint la ligne d’arrivée avec une telle précision. Car les canons étaient « solidement ancrés dans la terre » (Schiller, cloche), et dans le monobloc, des artilleurs de la plus haute qualité et expérience étaient à l’œuvre.

2 x 8 = 16 coups par minute

Un bon pointeur a apporté par minute bien et volontiers 2 x 8 = 16 coups à l’arrivée. La pièce était facile à régler, le monobloc spacieux pouvait contenir de grandes quantités de projectiles et les munitions, si nécessaire, pouvaient être déplacées pendant la nuit. Le colonel Josef Brunner, commandant d’un régiment de forteresse, signale même 20 tirs par minute. Je suis venu de l’artillerie mobile et j’ai commandé à nouveau des troupes mobiles par la suite. Par conséquent, personne ne peut dire, « Aha, un avocat de la forteresse. » Au contraire : l’échec de la ligne Maginot en mai 1940 ou l’effondrement du Bar-Lev-Forts en octobre 1973 sont bien connus. Mais en ce qui concerne les monoblocs, je n’ai aucun doute sur ma propre expérience. Ils étaient si intelligemment conçus pour l’artillerie qu’ils se chevauchaient partiellement et couvraient des sections frontales décisives. Sur le plan tactique, ils étaient si bien placés qu’on les découvrait à peine.

Réseau dense

J’ai vécu comment, dans notre vaste unité les chefs de section d’une grande ville ont eu de la difficulté à retrouver leur monobloc par une nuit noire. Les installations étaient bien protégées et respectueusement développées : la base de la survie. Le réseau national des lance- mines de forteresse était également impressionnant. Comme un cordon, les bitubes, avec leur conception à 360°, dominaient la zone frontalière. À une distance considérable, ils étaient également aptes à soutenir le feu devant les barricades de l’infanterie. Les régiments, bataillons et compagnies  » verts  » sont remerciés pour les tirs des monoblocs, alors que sur leurs passages obligés aucun tir de batteries d’artillerie mobiles n’était à leur disposition.

Acte insensé

En 1983, les mortiers 59 étaient complètement kawestés. En 2000, l’armée a mis en service le dernier monobloc et en 2003, le dernier des puissants canons Bison de 15,5 cm a été mis en service. Tout cela aurait pu être maintenu avec très peu d’argent. Mais tout cela le Parlement la nettoyé d’un seul coup de plume – l’acte insensé de dilettantes.

Peter Forster

Traduit avec https://www.deepl.com/Translator

2020: https://bulletin-1.ch/das-traurige-ende-einer-praezisen-geheimwaffe/lien archivé: https://web.archive.org/web/20200817201641/https://bulletin-1.ch/das-traurige-ende-einer-praezisen-geheimwaffe/

3 réflexions sur “La fin de l’artillerie de forteresse

  1. Anonyme

    En mai 2012, le Conseil fédéral a revu sa copie et stoppé le programme de désarmemement. Voir http://www.offiziere.ch/?p=8284 lien archivé: https://archive.is/W7UOL

    Le texte est le suivant:
    Doch Niederberger gab nicht auf und reichte Ende Dezember 2011 die Motion “Ausserdienststellung von Rüstungsgütern” ein, welche den Bundesrat beauftragt, die im Armeebericht 2010 vorgesehene Liquidation der Festungsminenwerfer zu stoppen. Zusammen mit den jeweiligen Sperrstellen sollen die Festungsminenwerfer im Kernbestand der Armee verbleiben. Das Know-how zur Bedienung soll in einem Pool der Logistikbasis der Armee sichergestellt und die Aufwuchsfähigkeit garantiert werden – eine Aufrechterhaltung der Festungsartillerie sei deshalb nicht notwendig. Der Bundesrat soll zukünftig alle Ausserdiensttstellungen von Rüstungsgütern, die ursprünglich durch ein Rüstungsprogramm vom Parlament bewilligt wurden, mittels eines Zusatzberichts dem Parlament zur Bewilligung vorlegen. Mit seiner Stellungnahme anfangs Mai 2012 überraschte der Bundesrat mit der Bekanntgabe die Aussdienststellung der Festungsminenwerfer gestoppt zu haben. Er begründete dies mit dem Beschluss zur Ratifizierung des Übereinkommens über Streumunition, welches die Feuerkraft der Artillerie massiv reduzieren werde. Einige Anlagen wurden bereits liquidiert, andere können Unterhaltsmässig nicht “eingemottet” werden (beispielsweise in Grundwasserbereichen) – die restlichen Anlagen werden inaktiviert, dokumentiert und können reaktiviert werden. Im Gegensatz zur Motion wird das personelle Know-how nicht aufrecht erhalten und auch bezüglich der Erstellung eines Zusatzberichts bei der Ausserbetriebssetzung von Armeematerial bzw. deren Bewilligung durch das Parlament ist der Bundesrat gegenteiliger Meinung und lehnte deshalb die Motion ab.

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  2. Anonyme

    Toujours au sujet de la modification du programme de désarmement, apparemment grâce à la motion du Conseiller aux Etats Paul Niederberger, texte en français cette fois-ci:

    http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20114135 lien archivé: https://archive.is/awgG3

    On parle de capacité du système de lance-mines face à une « menace asymétrique »: la munition Strix est-elle utilisable pour cela? Existe-t’il d’autres type de munitions, en stock ou dont l’armée pourrait faire l’acquisition à l’avenir (p.ex. système avec pointage laser mobile), qui répondraient à ce type de combat?

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