La fin de l’artillerie de forteresse

Des bruits de couloirs annonçaient la fin de l’artillerie de forteresse, mais certains n’y croyaient pas.

Il y a bien un colonel, fervent défenseur de la fortification, qui a tout essayé pour empêcher cette situation en publiant par exemple cet article: https://web.archive.org/web/20180919185403/http://www.mhsz.ch/fileadmin/downloads/ASMZ_09_2010_Seite_08.pdf dont vous trouvez ci-dessous une traduction:

Monoblocs de lance-mines bitubes, stop à la démolition !

Col EMG Bernhard Stadlin

L’armée suisse peut-elle encore remplir sa mission constitutionnelle de défense si on lui enlève sans cesse des moyens ! On a de la peine à croire à la liquidation programmée du système de fortification bien protégé et à haute puissance de feu, les monoblocs de lance-mines bitubes de forteresse et les monoblocs de canons Bison de 15,5 cm, car elle s’avère en totale contradiction avec la mission de défense¹.

Il faut empêcher la destruction – nous disons bien la destruction – de ce système très performant ! La fortification n’est malheureusement plus présente dans les têtes du Département de la défense et dans celles des cadres supérieurs de l’armée, pas à cause du maintien du Secret, mais de la croyance aveugle à la conduite mobile des opérations.

En 2003, le dernier monobloc de lance-mines bitubes de forteresse était remis à la troupe, ainsi se terminait un vaste programme de construction couvrant l’ensemble du territoire. La Suisse dispose donc, encore aujourd’hui, d’un système d’artillerie bien protégée, tout à fait moderne, entièrement construit et payé, à haute performance de combat, capable de mener la défense antichar. Ses monoblocs couvrent, sans solution de continuité, parfois en juxtaposition, l’ensemble des secteurs praticables de la zone frontière, également des terrains-clés sur le Plateau, tous les axes importants de trafic et les transversales alpines. Avec ses obstacles fixes ou mobiles, ce systèmede fortification est conforme aux normes internationales concernant les calibres.

A long terme, ils resteront des moyens à prendre très au sérieux. Les fortifications avec leur implantation à la juste place, compensent les désavantages d’un manque de mobilité des forces armées. Comme elles couvrent tous les terrains-clés tactiques, elles protègent comme système la Suisse entière. Comme toujours dans des affrontements armés, les opérations et la présence au sol demeureront prépondérants. De plus, la capacité de dissuasion reste encore aujourd’hui la meilleure défense.

Pour ces monoblocs, on a utilisé l’argent du contribuable, un milliard de francs. Les frais d’entretien annuels ne représentent que quelques pour mille de l’investissement, une dépense négligeable dans le budget global du Département de la défense. Compte tenu de ce facteur, il serait absurde de détruite à grand frais un tel système, de nouveau avec l’argent du contribuable. Pour des raisons de maintien du secret, on ne peut démontrer l’importance nationale de ces monoblocs en donnant leur nombre et les secteurs qu’ils couvrent… mais il serait intéressant de voir les conséquences de leur publication sur le résultat d’une initiative populaire en faveur du maintien du système des monoblocs. En dernière analyse, ceux-ci appartiennent, non au Département de la défense, mais au peuple Suisse qui les a payés pour sa sécurité.

Procéder à une nouvelle réduction de la puissance de feu de l’armée n’est pas responsable. Les contribuables ne comprendraient pas que l’on détruise² – toujours à leurs frais – des investissements qui leur apportent de la Sécurité. 

B.S.

1 traduction libre du texte de l’ancien président de  l’Association FORT-CH, qui a paru dans l’Allgemeine Schweizeriche Militärzeitschrift 9/2010.

2 Il faut imaginer ce que peut coûter la destruction d’un monobloc de lance-mines bitube ou d’un monobloc Bison... On est en droit de se demander si RUAG ne cherche pas à faire du chiffre d’affaire… (note du traducteur)

Article extrait du Bulletin de la Société Jurassienne des Officiers N°28  Février 2012.

Tout à coup la nouvelle apparut publiquement:

https://www.srf.ch/play/tv/10vor10/video/eine-milliarde-fuer-bunkerschliessungen?id=41dc37f4-29b8-4261-8609-ba818015d294&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/10vor10/video/sicherheitspolitiker-wussten-nichts?id=16dae485-9e14-4185-a4d1-ce3750669f31&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

http://web.archive.org/web/20130119145822/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2010/10/21/Schweiz/VBS-Milliarden-verschwinden-im-Bunkerloch

Et vint la confirmation officielle…

La Suisse a tellement la manie du secret que pour annoncer la fin des tirs de forteresse on n’a même pas osé donner l’emplacement des pièces… on a situé les  Bisons de Motto Bartola sur Airolo comme étant au col du Lukmanier (on trouve pourtant  les emplacements exacts sur Internet) !!! Vous remarquerez aussi à quel point on assimile les pièces d’artillerie modernes à l’ancien Réduit National afin de faire passer la pilule (très amère), ce qui prouve la mauvaise conscience des décideurs… les chiffres annoncés ne correspondent pas du tout à la réalité, pire, on triche, lors du 1er communiqué de presse dans lequel on a dit que la munition n’est plus en suffisance, on se garde bien de dire qu’il s’agit seulement de la munition d’exercice…

http://www.vbs.admin.ch/internet/vbs/fr/home/documentation/news/news_detail.39331.nsb.html quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la galle !  Cher Monsieur Maurer vous vous trompez de priorité dans les économies, il aurait fallu commencer par liquider les chars et l’artillerie blindée qui coûtent  plus cher à l’entretien et qui sont encore plus faciles à détruire de la part de presque n’importe quel ennemi …

https://www.letemps.ch/Page/Uuid/e74d9204-9c06-11e0-92cb-b63667b2e16a/La_fin_du_R%C3%A9duit_national_annonc%C3%A9e_%C3%A0_coups_de_canon lien archivé: https://archive.is/jqFZM

http://www.nzz.ch/nachrichten/panorama/festungsartillerie_schweiz_bison-geschuetze_1.11015825.html

https://www.rts.ch/play/tv/lactu-en-video/video/derniers-coups-de-canons-de-forteresse-au-lukmanier?id=3223686  22.06.2011

http://web.archive.org/web/20110809140641/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2011/06/22/Schweiz/Die-letzten-Tage-der-Alpenfestung

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/letzte-schuesse-aus-den-bison-geschuetzen?id=913d6dd4-a4b1-4319-ac7d-96c3477aa69f&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/christoph-heer-heute-ist-ein-spezieller-tag-?id=399b0caf-ca33-44ff-9b87-6abbe149b661&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/rolf-siegenthaler-ba-fuer-genie-und-festung-1989?id=59a9cd32-e3ea-49b6-990e-06b021e20701&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/bruno-lezzi-diese-waffen-passen-nicht-in-eine-moderne-armee-?id=d0e23dbe-4dfc-40dc-864f-fb936ba65422&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

https://www.srf.ch/play/tv/tagesschau/video/festungsartillerie-hat-ausgeschossen?id=d0db39f5-4f0a-44ae-8515-52accc0a2045&station=69e8ac16-4327-4af4-b873-fd5cd6e895a7

http://web.archive.org/web/20110625001041/http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2011/06/22/Schweiz/Ein-Abschied-mit-Bison-Geschuetzen

http://www.he.admin.ch/internet/heer/de/home/verbaende/gebinfbr12/news/Archiv_2011/Schweizer-Festungsartillerie.html

http://www.sperretrin.ch/sperren/bison.html document sur les Bisons avec photos  des derniers tirs. Cette vidéo était ajoutée: https://www.youtube.com/watch?v=ixcvqF7g5pM
http://www.sperretrin.ch/sperren/12cm-minenwerfer.html document sur les lance-mines avec photos des derniers tirs. Cette vidéo était ajoutée: https://www.youtube.com/watch?v=CPwuG1ohaIU

Vidéo de l’APSF des derniers tirs de lance-mines 12cm à Airolo

https://web.archive.org/web/20181211010935/http://sogart.ch/downloads/Schweiz_ohne_Kampfinfrastruktur.pdf enfin le secret est percé avec ce lien vous découvrez la couverture d’artillerie de la Suisse avec les armes de forteresse modernes, enfin presque, lien archivé. pour plus de précision : http://www.lignemaginot.com/ligne/suisse/valais/bisons/s0/carto.gif lien archivé: https://archive.is/qKd4V

https://web.archive.org/web/20181211022709/http://sogart.ch/downloads/Festung.pdf tout à une fin, mais celle-là fait mal… lien archivé

La forteresse est morte, vive la forteresse:

http://www.he.admin.ch/internet/heer/fr/home/aktuell/events/20111121a.html en français https://www.youtube.com/watch?v=RENZq0qF0wE&feature=youtu.be  ou pour une meilleure qualité: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/b0543904-19e4-4d6b-b7ae-757d449ab5c6

http://www.he.admin.ch/internet/heer/de/home/aktuell/events/20111121a.html in deutscher Sprache https://www.youtube.com/watch?v=Ya7wlNeGl-s&feature=youtu.be oder besser hier: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/0dbbe5ce-4cc7-45dd-b4fc-552b156b12d2

http://www.he.admin.ch/internet/heer/it/home/aktuell/events/20111121a.html in italiano https://www.youtube.com/watch?v=13q-m47GYjg&feature=youtu.be una migliore qualità qui: https://www.mediathek.admin.ch/media/video/cbadbb31-d1bd-482d-b201-e7aab60cf5fe

Il n’y a que l’armée suisse pour mettre à la poubelle des systèmes qu’elle qualifie elle-même dans la vidéo, d’efficaces et performants…!!!??? Le contraire de ceux qui ont pris la décision…

Et voici qui enterre définitivement tout espoir de survie… :

https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 en français, lien archivé: https://archive.is/PAV4y

https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 in deutscher Sprache, lien archivé: https://archive.is/TLz7k

https://www.parlament.ch/it/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20113932 in italiano, lien archivé: https://archive.is/YYTaN

https://gruppe-giardino.ch/2015/03/17/faktenzur-beabsichtigten-verschrottung-der-bison-geschuetze/ la mort des Bisons, lien archivé: https://archive.today/desBT

2018: l’évolution:

Message sur l’armée 2018

du 14 février 2018

 

5.3 Artillerie de forteresse

Contexte et mesures nécessaires

L’artillerie de forteresse remonte en grande partie à la guerre froide. Si elle convenait à l’époque pour répondre aux menaces, elle a aujourd’hui perdu de sa valeur militaire et politique.

Depuis Armée XXI, l’engagement de l’artillerie de forteresse n’est plus considéré comme moderne. La doctrine a évolué : la défense repose aujourd’hui sur les forces mobiles, le principe étant de pouvoir engager des formations adaptées en tout temps et en tout lieu, ce qui est impossible avec des systèmes d’armes stationnaires.

Diverses tendances expliquent l’émergence d’une nouvelle doctrine.

– Compte tenu de l’évolution de la menace, il est peu probable que la Suisse fasse l’objet d’une attaque mécanisée, contre laquelle l’artillerie de forteresse est conçue.

– En raison du développement des missiles guidés de précision, les forteresses sont toujours plus vulnérables.

– De nombreux secteurs d’action des lances-mines de forteresse sont devenus inutiles parce que les terrains ont été bâtis ou que les positions de barrage et les ouvrages minés qui leur sont associés ont été supprimés.

– Il était devenu presque impossible de garder secrètes les positions d’artillerie, a fortiori depuis que des descriptions exactes et des photos avaient été diffusées sur Internet.

À l’origine, l’artillerie de forteresse comprenait le canon de forteresse 15,5 cm Bison, les lances-mines de forteresse 8,1 cm et 12 cm, les canons 10,5 cm et 15 cm et le canon de forteresse 7,5 cm. À la fin de la guerre froide, tous les moyens d’artillerie de forteresse avaient déjà été mis hors service dans le cadre de la réforme Armée 95, à l’exception des canons de forteresse Bison et des lances-mines de forteresse 12 cm.

Dans son rapport du 23 juin 2010 sur la politique de sécurité6 et son rapport du 1er octobre 2010 sur l’armée7, le Conseil fédéral indiquait déjà qu’il était possible de renoncer à l’infrastructure de combat (canon de forteresse Bison, lance-mines de forteresse 12 cm, positions de barrages et ouvrages minés) et que la mise hors service de ces systèmes allait débuter. Dans son rapport du 20 janvier 2016 sur l’avenir de l’artillerie en exécution du postulat 11.3752, le Conseil fédéral a confirmé que l’artillerie de forteresse serait mise hors service prochainement, la nécessité militaire de ce type de systèmes statiques étant moindre en considération des menaces modernes. Selon lui, il ne serait pas non plus pertinent de garder un nombre réduit de positions d’armes.

La mise hors service de toute l’artillerie de forteresse restante a été décidée en 2011. Cette année-là, le groupe d’artillerie de forteresse 13 a accompli son dernier cours de répétition. Avec la dissolution des troupes de forteresse, la compétence d’exploitation de l’artillerie de forteresse s’est perdue. Depuis 2011, seule une maintenance minimale a été effectuée sur les positions d’armes et sur les abris couverts qui leur sont associés. Ils ne sont donc plus prêts à l’engagement.

La motion 11.4135 concernant la mise hors service des biens d’armement chargeait le Conseil fédéral d’arrêter la liquidation des lances-mines de forteresse prévue par le rapport sur l’armée. Les nouvelles bases légales apportées par la révision de la loi sur l’armée permettent désormais de demander la mise hors service de l’artillerie de forteresse.

Description de la variante proposée et arguments

Dans le cadre de la mise hors service de l’artillerie de forteresse, les canons de forteresse Bison et les lances-mines de forteresse 12 cm restants ainsi que les infrastructures associées doivent être soit vendus, soit vidés et fermés. Des fondations et associations consacrées aux fortifications sont intéressées par une éventuelle reprise des lances-mines. Pour des raisons financières, les objets non vendus seront vidés et fermés.

L’artillerie de forteresse et les infrastructures associées (lances-mines de forteresse, Bison, abris, câbles, etc.) représentent 650 objets environ. Depuis des années, seule une maintenance minimale a été effectuée ; ces objets ne sont donc plus prêts à l’engagement. Pour les conserver, il faudrait prendre d’importantes mesures relevant de la construction, de l’exploitation et de l’organisation, lesquelles entraîneraient des investissements approchant les 250 millions de francs.

Bien que les charges d’exploitation de l’artillerie de forteresse restante aient été réduites au maximum, elles avoisinent tout de même les deux millions de francs par an. Avec la mise hors service, elles pourraient toutefois être ramenées à moins de 0,5 million de francs par année.

La mise hors service de l’artillerie de forteresse débutera après décision des Chambres fédérales en la matière. Les installations concernées par la protection des informations seront alors démontées et les documents de construction et d’exploitation classifiés seront détruits conformément aux directives sur la protection des informations. Suite à cela, les installations figurant dans le registre des ouvrages pourront en être radiées. Enfin, les objets seront transférés vers le parc à disposition. Les contrats conclus avec des tiers seront examinés puis résiliés ou adaptés selon les cas (p. ex. contrats de location ou de fourniture d’énergie).

Une partie des infrastructures peut être réaffectée, par exemple pour servir de magasin de munitions. Les éventuelles réaffectations seront évaluées au cas par cas selon des critères économiques. Lorsqu’elles s’y prêtent, les constructions dont le DDPS n’a pas besoin seront proposées en priorité aux autres services de la construction et des immeubles de la Confédération en vertu de l’ordonnance du 5 décembre 2008 concernant la gestion de l’immobilier et la logistique de la Confédération8. Ce n’est qu’après cela que les infrastructures pourront être mises en vente auprès de tiers, tels que les cantons, les communes ou des sociétés historiques.

La plupart des infrastructures devant être mises hors service se situent en dehors de zones à bâtir. Elles ne peuvent donc être vendues, exploitées en droit de superficie ou louées qu’après la délivrance d’une autorisation spéciale ou en vertu du droit de l’aménagement du territoire, qui est requise pour la reconversion envisagée.

Les infrastructures restantes seront désaffectées selon des principes économiques et feront l’objet d’une maintenance limitée mais suffisante pour rendre supportable le risque découlant de la responsabilité du propriétaire de l’ouvrage. Des travaux de démolition ne seront entrepris que dans des cas exceptionnels, en tenant compte des éventuelles obligations contractuelles ainsi que de considérations économiques et après une évaluation des risques.

La mise hors service s’opérera entre 2019 et 2024.

Autres variantes examinées

Maintien en disponibilité moins élevée

Une variante prévoyant de garder l’artillerie de forteresse à un niveau de disponibilité plus bas et de maintenir ses capacités au minimum afin de pouvoir la réactiver en vue d’une éventuelle réaffectation a été examinée. À l’heure actuelle, cette variante n’est considérée ni judicieuse ni utile pour l’armée. En effet, les installations d’artillerie de forteresse sont trop nombreuses, sans compter qu’il faudrait à nouveau former des troupes le moment venu. Les prescriptions de sécurité ne pourraient être respectées qu’au prix de lourds investissements. Les charges d’exploitation annuelles seraient de l’ordre de 2 millions de francs, ce qui signifie que, pour mettre en œuvre cette variante, 50 millions de francs devraient être investis d’ici 2025. Pour toutes ces raisons, elle a été rejetée.

Maintien d’une disponibilité de base minimale

Une variante prévoyant de maintenir la disponibilité de base à un niveau minimal a également été examinée. Plutôt que de renoncer entièrement à l’artillerie de forteresse, cette variante proposait de garder à des fins d’instruction une réserve minimale de 10 % de tous les lance-mines de forteresse et canons de forteresse Bison, tandis que les 90 % restants seraient mis hors service et éliminés. Les capacités minimales devraient alors être reconstituées.

Pour conserver 10 % de l’artillerie de forteresse en vue de maintenir une disponibilité de base, 15 millions de francs au moins devraient être investis d’ici 2025. Par ailleurs, 20 millions de francs seraient requis chaque année pour les charges d’exploitation, la maintenance des infrastructures et les munitions. Le rétablissement ultérieur d’une disponibilité opérationnelle minimale de tous les lances-mines de forteresse et canons de forteresse Bison nécessiterait un investissement d’environ 250 millions de francs. Pour toutes ces raisons, la variante prévoyant le maintien d’une disponibilité de base minimale a été rejetée.

Conséquences sur la disponibilité opérationnelle

La mise hors service des canons de forteresse Bison et des lances-mines de forteresse n’influera en rien sur la disponibilité opérationnelle de l’armée.

Conséquences sur le plan des finances et du personnel

Charges et recettes uniques

La mise hors service prévue représentera une charge unique de 25 millions de francs. La mise hors service des infrastructures sera financée au moyen du budget ordinaire du DDPS.

La vente prévue devrait rapporter moins de 0,5 million de francs de recettes.

Charges récurrentes et conséquences sur le plan du personnel

Ces dernières années, les charges d’exploitation pour les infrastructures devant être mises hors service ont déjà été largement réduites. Les lances-mines de forteresse, les canons de forteresse et les infrastructures leur étant associées ont fait l’objet d’une maintenance minimale. Les mises hors service demandées permettront d’économiser quelque 1,5 million de francs chaque année en charges de biens et services et de personnel. Ces économies serviront à financer la couverture de nouveaux besoins au sein du DDPS.

Coûts de location bruts

Les coûts de location bruts actuels se chiffrent à 35 millions de francs. En cas de mise hors service complète, ceux-ci n’auront plus lieu d’être.

https://www.derbund.ch/schweiz/standard/bundesrat-will-die-bestie-verschrotten/story/26628839 lien archivé: http://archive.is/pv41b

https://www.msn.com/fr-ch/actualite/national/bundesrat-will-%C2%ABdie-bestie%C2%BB-verschrotten/ar-BBJ8GD7


Dernier développement avec cet article tiré du Schweizer Soldat de Février 2019: (traduction en français en fin d’article)

Was für eine Dummheit

In einem unverständlichen Beschluss hat das eidgenössische Parlament eine der besten Waffen, die unsere Armee je hatte, endgültig «gekillt»: die 12-cm-Festungsminenwerfer mit ihren Zwillingsrohren. Das Geschütz ist (Oder leider: war) präzis, schnell, klug zu bedienen und im Monoblock gut geschützt. Die Monoblöcke deckten den Grenzraum der Schweiz fast vollständig ab und waren in aller Regel nur schwer zu entdecken.

Ausnahmsweise seien drei persönliche Vorbemerkungen erlaubt:

  • Ich weiss, worüber ich schreibe. Im Kalten Krieg kommandierte ich an der damals exponierten Nordostfront im FAK 4 eine Anzahl Monoblöcke in einer schlagkräftigen Einheit.
  • Ebenso weiss ich, dass es Sich nicht gehört, Entscheide, die gefallen sind, anzuzweifeln. Die definitive Abschaffung der 12-cm-Geschütze ist aber eine derartige Dummheit dass man sie nicht einfach ad acta legen darf.
  • Im Kalten Krieg gehörte es zu den Vorzügen der Monoblöcke, dass sie streng klassifiziert waren. Auch wenn sie jetzt abgeschätzt werden, halte ich mich hier an Tatsachen, die seit langer Zeit offen bekannt sind.

Einschiessen oft nicht nötig

In zehn Artillerie-Kommandojahren und vorher als Zugführer erlebte ich mehrere Geschütztypen. Doch nicht einmal die formidable Schwere 10,5-cm-Kanone – zusammen mit dem Saurer-M-6-Zugfahrzeug der «erfolgreichste Geschützzug, den die Schweiz je besass» – schoss derart präzis wie der Festungszwilling. Für den scharfen Schuss hatten wir damals noch ansehnliche Munitionsdotationen. Auch waren die Zielgebiete noch zahlreicher als heute. In all den Schiessen mit dem Festungsminenwerfer war das sonst übliche, traditionsreiche und genau geregelte Einschiessen fast nicht nötig – so exakt schlugen bei normalem Wetter die 12-cm-Granaten im Ziel ein. Denn die Geschütze waren «fest gemauert in der Erden» (Schiller, Glocke) Im Monoblock waren Kanoniere erster Güte und Erfahrung am Werk.

2 x 8 = 16 Schuss pro Minute

Ein guter Richter brachte pro Minute gut und gern 2 x 8 = 16 Schuss ins Ziel. Das Geschütz war einfach zu justieren, der geräumige Monoblock nahm umfangreiche Granaten-Dotationen auf und Munition konnte, wenn es überhaupt nötig war, in der Nacht nachgeschoben werden. Oberst Josef Brunner, Kommandant eines Festungsregimentes, berichtet sogar von 20 Schuss in der Minute. Ich kam von der mobilen Artillerie und befehligte auch nachher wieder mobile Truppen. Ergo kann niemand sagen: «Aha, ein Festungsadvokat.» Im Gegenteil: Das Versagen der Maginot-Linie im Mai 1940 Oder der Zusammenbruch der Bar-Lev-Forts im Oktober 1973 sind sehr wohl bekannt. Was aber die Monoblöcke betrifft, hege ich aus eigener Erfahrung keine Zweifel. Sie waren artilleristisch derart geschickt angelegt, dass sie teils überlappend entscheidende Frontabschnitte abdeckten. Und taktisch wurden sie so klug placiert, dass sie kaum zu entdecken waren.

 

Dichtes Netz

Ich erlebte, Wie in unserer umfangreichen Einheit Zugführer aus einer Grossstadt in dunkler Nacht Mühe hatten, ihren Monoblock wieder zu finden. Die Anlagen waren gut geschützt und achtbar ausgebaut: die Grundlage zum Überleben. Imposant war auch das nationale Netz der Festungsminenwerfer. Wie ein Cordon beherrschten die Zwillingsrohre mit ihrer Auslegung auf 360° den Grenzraum. Geeignet waren sie auf ansehnliche Distanz auch für das Unterstützungsfeuer vor Sperren der Infanterie. «Grüne» Regimente, Bataillone und Kompanien dankten für das Feuer aus den Monoblöcken, wenn ihnen auf ihre Passages obligés kein Feuer von mobilen Artilleriebatterien zur Verfügung stand.

Schildbürgerstreich

1983 wurden die Minenwerfer 59 komplett kawestiert. 2000 nahm die Armee den letzten Monoblock in Betrieb, Wie 2003 die letzte der mächtigen 15,5-cm-Bison-Kanonen. All das hätte mit sehr wenig Geld erhalten werden können. Aber all das putzte das Parlament mit einem Federstrich weg – der Schildbürgerstreich von Dilettanten.

Peter Forster

12cm

Jeder Festungsminenwerfer setzte präzis und auf 360° 12-cm-Zwillingsrohre ein.

Chaque lance-mines de forteresse utilisait des tubes jumelés de 12 cm à 360° avec précision.

Quelle stupidité

Dans une décision incompréhensible, le Parlement fédéral a finalement « tué » l’une des meilleures armes que notre armée n’ait jamais eue : les lance-mines de 12 cm avec leur double tube. La pièce est (ou malheureusement : était) précise, rapide, intelligente à utiliser et bien protégée dans le monobloc. Les monoblocs couvraient presque entièrement la région frontalière de la Suisse et étaient généralement difficiles à découvrir.

A titre exceptionnel, trois remarques préliminaires personnelles sont autorisées :

  • Je sais ce que j’écris. Pendant la guerre froide, j’ai commandé un certain nombre de monoblocs en une seule unité puissante sur le front nord-est alors exposé du FAK 4.
  • Je sais aussi qu’il n’est pas approprié de douter des décisions qui ont été prises. Mais l’abolition définitive des canons de 12 cm est une telle stupidité qu’on ne peut pas la mettre de côté.
  • Pendant la guerre froide, l’un des avantages des monoblocs était qu’ils étaient strictement classifiés. Même s’ils sont en cours d’évaluation, je m’en tiens ici à des faits qui sont connus de tous depuis longtemps.

Tirer souvent n’est pas nécessaire

En dix ans de commandement d’artillerie et avant cela en tant que commandant de peloton, j’ai connu plusieurs types de canons. Mais pas même le formidable canon lourd de 10,5 cm – avec le tracteur Saurer M-6, le « train d’artillerie le plus réussi que la Suisse ait jamais eu » – n’a tiré aussi précisément que le bitube de forteresse. Pour le coup de feu que nous avions à l’époque, il y avait encore des dotations considérables en munitions. De même, les zones cibles étaient encore plus nombreuses qu’aujourd’hui. Dans tous les tirs avec le lance-mines de la forteresse, le tir traditionnel et contrôlé avec précision était presque inutile – par temps normal, les grenades de 12 cm ont atteint la ligne d’arrivée avec une telle précision. Car les canons étaient « solidement ancrés dans la terre » (Schiller, cloche), et dans le monobloc, des artilleurs de la plus haute qualité et expérience étaient à l’œuvre.

2 x 8 = 16 coups par minute

Un bon pointeur a apporté par minute bien et volontiers 2 x 8 = 16 coups à l’arrivée. La pièce était facile à régler, le monobloc spacieux pouvait contenir de grandes quantités de projectiles et les munitions, si nécessaire, pouvaient être déplacées pendant la nuit. Le colonel Josef Brunner, commandant d’un régiment de forteresse, signale même 20 tirs par minute. Je suis venu de l’artillerie mobile et j’ai commandé à nouveau des troupes mobiles par la suite. Par conséquent, personne ne peut dire, « Aha, un avocat de la forteresse. » Au contraire : l’échec de la ligne Maginot en mai 1940 ou l’effondrement du Bar-Lev-Forts en octobre 1973 sont bien connus. Mais en ce qui concerne les monoblocs, je n’ai aucun doute sur ma propre expérience. Ils étaient si intelligemment conçus pour l’artillerie qu’ils se chevauchaient partiellement et couvraient des sections frontales décisives. Sur le plan tactique, ils étaient si bien placés qu’on les découvrait à peine.

Réseau dense

J’ai vécu comment, dans notre vaste unité les chefs de section d’une grande ville ont eu de la difficulté à retrouver leur monobloc par une nuit noire. Les installations étaient bien protégées et respectueusement développées : la base de la survie. Le réseau national des lance- mines de forteresse était également impressionnant. Comme un cordon, les bitubes, avec leur conception à 360°, dominaient la zone frontalière. À une distance considérable, ils étaient également aptes à soutenir le feu devant les barricades de l’infanterie. Les régiments, bataillons et compagnies  » verts  » sont remerciés pour les tirs des monoblocs, alors que sur leurs passages obligés aucun tir de batteries d’artillerie mobiles n’était à leur disposition.

Acte insensé

En 1983, les mortiers 59 étaient complètement kawestés. En 2000, l’armée a mis en service le dernier monobloc et en 2003, le dernier des puissants canons Bison de 15,5 cm a été mis en service. Tout cela aurait pu être maintenu avec très peu d’argent. Mais tout cela le Parlement la nettoyé d’un seul coup de plume – l’acte insensé de dilettantes.

Peter Forster

Traduit avec https://www.deepl.com/Translator

2020: https://bulletin-1.ch/das-traurige-ende-einer-praezisen-geheimwaffe/lien archivé: https://web.archive.org/web/20200817201641/https://bulletin-1.ch/das-traurige-ende-einer-praezisen-geheimwaffe/

Vidéos APSF

Téléphérique du fort de la Galerie du Scex à St-Maurice (film n°1)

Téléphérique du fort de la Galerie du Scex à St-Maurice (film n°2)

Téléphérique du fort de la Galerie du Scex à St-Maurice graissage du câble

Téléphérique du fort de la Galerie du Scex à St-Maurice  Fort du Scex, radiographie du câble porteur du téléphérique

Téléphérique du fort de Cindey à St-Maurice (1)

Téléphérique du fort de Cindey à St-Maurice (2)

Téléphérique du fort des Follatères à Martigny

Visite du fort de Vitznau 1.5.1998: Visite du Fort de Vitznau par les représentants des associations ayant participé le matin même à l’assemblée constitutive de Fort-CH au fort d’Obere Nas. Ce film est publié pour les 10 ans de la création de Fort-CH sur l’initiative de l’APSF

Fort d’Obere Nas Visite rapide du fort d’Obere Nas lors de l’assemblée constitutive de Fort-CH sur l’initiative de l’APSF

Ebersberg Visite du fort d’artillerie d’Ebersberg avec l’APSF le 03.09.06

Tir canon 75 Reuenthal Tir à blanc au canon de 7,5cm du fort de Reuenthal en 1999 à l’occasion de la fête des 10 ans de l’ouverture au public

Tir au canon 75 Pré-Giroud tir à blanc au canon de 7,5cm du fort de Pré-Giroud sur Vallorbe en 1992

Canon 105 Film d’archive des fortifications de St-Maurice n°1: tirs d’essais au canon 10,5 cm du fort de Dailly au début de la 2ème guerre, à l’emplacement de la Galerie des 10,5. Les canons étaient mobiles, on pouvait les utiliser à l’extérieur et à l’intérieur

Montage tourelle 105 Film d’archive des fortifications de St-Maurice n°2: transport et montage de la tourelle 10,5cm « St-Maurice » au fort de Dailly en 1940

Tirs d’essais et baptême des tourelles 105 Film d’archive des fortifications de St-Maurice n°3: tirs d’essais et baptême des tourelles 10,5cm Ste-Barbe et St-Maurice au fort de Dailly 1940

Transformation des éclipses Film d’archive des fortifications de St-Maurice n°4: chantier de transformation des canons 12cm sur affûts à éclipses, transport et tirs d’essais au fort de Dailly 1940-1941

Téléphérique Pré-Landon/Aiguille Film d’archive des fortifications de St-Maurice, mise en service du téléphérique militaire reliant les forts de Petit Mont et Toveyre au fort de Dailly durant la 2ème guerre mondiale

Fort de Burg Visite du fort de Burg avec la société GMS le 07.09.2005

Fort du Wissiflue Visite du fort du Wissiflue avec la société GMS

Groupe de secours fort du Scex Remise en marche du moteur Sulzer n°1 du fort de la Galerie du Scex à St-Maurice à l’occasion des 100 ans de la construction du fort; aux commandes, le Président de l’APSF

Marche moteur Scex 2018 Nouvelle marche moteur après une pause d’une année et de la mise en service des nouvelles batteries de démarrage

Obusier 105 Savatan

https://www.youtube.com/watch?v=txRON3pIr3k&feature=share&list=ULtxRON3pIr3k Commeire

Galerie Plan

Petit Mont observatoire double

Châteauroc sous Champex

Champillon démonstration 10,5cm

Dailly tir au canon 7,5cm mobile pour la manifestation d’ouverture au public des visites

Berner Oberland

Reconstruction du patrimoine On ne compte plus les ouvrages dont l’armée dépense des fortunes en argent public pour les vider, alors que les associations ou des privés ont ensuite une peine folle à faire revivre…

Tirs de la Sainte-Barbe au fort de Champex 2016

Veytaux-Chillon

Chillon, ouvrages minés Sud

Documents au format PDF

 

Association des Amis des Forts de St-Maurice

visite au fort de Dailly 2005: article de Marcel Däpp, paru dans l’Artilleur et dans la Revue Militaire Suisse (précisons que contrairement à ce qui est indiqué dans l’article, l’entrée du fort de Dailly se situe à l’altitude de 1240m).

visite au fort de Dailly 2007: article de Laurent Grabet du 24 Heures du 25 juin 2007 (précisons que contrairement à ce qui est indiqué dans l’article, le fort de  Dailly comporte une douzaine de kilomètre de galerie et qu’il est dépourvu de batteries Bison…Pour la capacité de la caserne, il doit s’agir de la 3 qui comportait 639 places au total et dont la capacité à été revue à la baisse ces dernières années).

visite des fortifications du col de la Forclaz: article du Nouvelliste du 23 juillet 2007 sur les fortifications du col de la Forclaz (concernant la cadence de tir de  la mitrailleuse à 600 coups/minute, il s’agit de l’ancienne mitrailleuse d’origine, soit le modèle 1911).

déchargement du plus grand ouvrage miné de Suisse: article du « Online » journal du corps des garde-fortifications sur le déchargement de l’ouvrage miné du tunnel du Simplon

catastrophe Dailly 1946: article de l’Illustré n°23 du 6 juin 1946

petit historique du corps des garde-fortifications

archive du Nouvelliste: vous trouvez ici les articles du Nouvelliste qui figuraient dans les archives transferées sur Swissdox depuis novembre   2007

extrait sur la réutilisation des fortifications de la revue montagna 4/2008: “montagna” est la revue du Groupement suisse pour les régions de   montagne  (SAB – www.sab.ch).

collection de munitions de l’artillerie suisse

Grenz brigade 5 Reuenthal: texte de Robert Vögeli extrait du livre « Grenz brigade 5 1938-1988 » Baden Verlag ISBN 3-85545-029-3

Crestawald: fort d’artillerie de Crestawald

Défense Aérienne Passive St-Maurice Groupe de Lavey

Ouverture du Fort de Pré-Giroud à Vallorbe article publié dans le journal Construire de la Migros en 1988

Festungskonzeption 2010 article sur ce que devait être la fortification suisse vers 2010, il est à remarquer que seul le programme de construction des lance-mines s’est vu réalisé dans son ensemble !
« Les gardes-forts », par Jean-Claude Chaperon, au début des années 1980

Extrait de l’article sur les frontières suisses paru dans la revue GEO n°358 de décembre 2008 Contrairement à ce qui est écrit dans la 1ère page, les blocs antichar toblerones ne sont pas reliés entre eux par des chaînes enterrées et la photo est prise dans la Vallée du Rhône à St-Maurice.

https://app.box.com/s/afevvwzwzxr44av0wckf6i1433dqpxnr règlement technique n°19 matériel accessoire pour l’armement des ouvrages fortifiés d’infanterie 

https://www.box.com/s/lrmg048ouq4jq40kz37l règlement technique n°24 le canon ach de forteresse de 24mm

https://www.box.net/shared/jl54hau8kg
formation pour mitrailleuse 7,5mm 1951 sur affût de forteresse

https://www.box.net/shared/fxz6tlc9q9
formation pour canon antichar 9cm 1950/57 sur affût à flasques

https://www.box.net/shared/yzr0lgbhvn
projecteur BZ 1500

https://www.box.net/shared/i81p0v9uur
abri antiatomique ASU

https://app.box.com/s/h1m5gez1r479ph3b6tp2g8ysmwg0u37l armement de Savatan-Dailly 1910

https://www.box.net/shared/v45xyfguvc brève histoire de l’artillerie de forteresse suisse par J-J Rapin (les éléments en rouge ont fait l’objet d’une correction par rapport au document original page 120)

https://www.box.net/shared/h901s0tiyx Les origines de la fortification du St-Gothard par Walter Lüem RMS mai 1992

https://www.box.net/shared/t2eve18s96 extraits du journal de la cp fort II-2 Dailly 1972

https://www.box.net/shared/71deyhvdg8 espionnage allemand en Suisse durant la 2ème guerre mondiale

https://www.box.net/shared/4t3ig7sqej extraits du rapport du chef EMG 1946

https://app.box.com/s/98mopazzjymri027byws4uqx5ggwndzn règlement sur le service des gaz dans les ouvrages fortifiés Edition provisoire 1943

https://app.box.com/s/btniduxv10v91qt4d6iq5alvp77pbqw6 règlement technique n° T263f protection collective par abris étanches et par masques dans les ouvrages fortifiés Edition provisoire 1944

https://app.box.com/s/so5vccj3beo9zqhgg988ig6e1r1vsy0b Le tir avec les armes de fortins Edition provisoire 1944

https://app.box.com/s/t5zgkugq2z65gp11x1qygh35o062vxa2 brochure éditée pour le réveillon 1984, réalisée par notre AMI Alexandre,  membre créateur et secrétaire de l’APSF. Ce travail créé avec passion est un hommage à cet Être cher qui nous a quittés beaucoup trop vite… emporté par la maladie le 19 mai 2013. Le fichier contient en plus de la publication originale, quelques bonus et des travaux produits ensuite.

https://app.box.com/s/069kkez7n0n4am9lzntgmfed5b8offll ancien appareil à oxygène

Article du Nouvelliste du 18 mai 1983 sur le 1er cours d’introduction pour les garde-fortifications à St-Maurice

POUR LA PREMIÈRE FOIS EN SUISSE ROMANDE

SAINT-MAURICE (ruc). – Un cours d’instruction pour jeunes garde-fortifications rentrant au corps se déroule actuellement à Saint-Maurice et dans ses environs. Durant sept semaines, la cinquantaine de nouveaux GF est instruite à la manipulation des différentes armes, protection d’ouvrages, etc. Ce sont essentiellement des Romands. Ils viennent de tous les secteurs de l’arrondissement 13, de Payerne, Gland, Bulle et Saint- Maurice. Ils sont répartis en deux classes.

La première fois

Le cours est commandé par le major Métrailler, de la zone fort 1. Les chefs de classes sont le cap

Pellatton, du secteur 112 et le plt Grosjeand, du secteur 111. Ils ont à leur disposition dix instructeurs GF qui viennent également des diverses régions de l’arrondissement.

Pourquoi une première? L’adjudant Cardinaux a bien voulu éclairer notre lanterne; jusqu’à l’année dernière, ces cours, obligatoires depuis 1974, avaient lieu à Kreuzlingen (canton de Thurgovie). Ils réunissaient environ huitante jeunes GF, engagés à parfaire leur instruction. Le but principal du déplacement des cours a été dicté par le désir d’unifier l’instruction et d’éviter les problèmes linguistiques; d’autant plus que le secteur de Vérolliez est parfaitement apte à satisfaire les exigences. Le «déracinement» constaté à Kreuzlingen est en outre éliminé; donc le travail se déroule dans des meilleures conditions. La discipline est également plus souple; plus conforme avec l’esprit romand; d’où une meilleure ambiance et plus de sérieux dans l’élaboration des diverses tâches journalières.

Pourtant, ce ne sont pas des vacances, note l’adjudant Cardinaux. Neuf à douze heures par jour sont consacrées au travail, sans compter les soirées consacrées à la théorie; presque une petite école de recrues. L’édition 1983 a débuté le 11 avril avec le cours de cadre, et le 18 avril pour les jeunes GF. Il se terminera le 4 juin.

Pour une partie des jeunes GF la journée d’hier a été consacrée à l’instruction au Canon. (de gauche à droite: Raphy Frossard, Philippe Maret, Pierre Frei, Pascal Moll, Philippe Maillard)

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Montée sociale à St-Maurice

[article paru dans le journal SERVICE ET COMMUNAUTÉ du 11 août 1967]
Montée sociale à St-MauriceLe témoignage du vieux militant

1920-1942-1967

Si cette histoire m’était contée !

Le Corps de gardes de fortifications fête cette année le 25ème anniversaire de sa fondation. La presse en a déjà parlé dans divers journaux de Suisse. Chacun commente cet événement selon son propre critère et à sa manière. Des souvenirs sont évoqués, on exalte les étapes parcourues, le service et le travail accomplis, les succès obtenus, etc. Quand le convoi marche bien chacun qui en fait partie estime avoir contribué à cette marche et ainsi avoir droit à une part des éloges qui sont généreusement distribuées à ces occasions-là. C’est d’actualité et c’est humain. Il faut s’en réjouir avec ceux qui y croient; c’est tellement plus sympathique.

Le premier personnel des fortifications
Je pense, cependant, que pour bien situer cet anniversaire il est juste et bon de jeter un regard sur ce qui était «avant» et de remonter le cours du temps, ou de l’histoire si vous voulez, sur les fortifications, car la création du CGF n’est que le prolongement, certes beaucoup plus vaste, de ce qu’étaient les fortifications du St-Gothard et de St-Maurice. Le début de celles-ci se situe vers les années 1890-1895. Beaucoup plus tard viendra s’ajouter Sargans. Dès le commencement, il fallut engager du personnel permanent pour l’entretien des ouvrages fortifiés, du matériel, vivres, armement, etc. Ce personnel était réparti en 3 catégories : 1. les officiers qui avaient rang de fonctionnaire; 2. les sous-officiers supérieurs qui, pour la plupart, avaient rang d’employés chefs de service, plus tard ceux-ci obtinrent la qualité de fonctionnaire; 3. les gardes de fortifications qui, eux, avaient rang d’ouvriers permanents payés à la journée. Les fonctionnaires et employés étaient payés au mois.
Tout ce monde portait l’uniforme et était sous le régime militaire strict, à tel point, et ici je parle plus spécialement des gardes de forts, que si l’un d’eux voulait, pour raison de famille ou autre, quitter son domicile de service ou se mettre en civil, il devait au préalable en faire la demande écrite à son chef, l’Intendant du fort. Celui qui aurait violé cette règle s’exposait à de graves sanctions. Il y avait une garde montante avec sentinelles en permanence devant chaque entrée au fort. La relève de la garde se faisait toutes les 24 heures selon le processus formel.
Ce régime de garde fut supprimé après la guerre 1914-1918 et remplacé alors par un service de planton composé de 2 hommes. Leur tâche était : planton en permanence à la centrale et une patrouille de jour et une de nuit dans le fort, selon un ordre de marche bien défini par l’Intendant du fort, le tout contrôlé par un s.-of.sup. de service. La vie n’était pas facile alors, croyez-moi, pour les gardes de forts. Après avoir accompli sa journée de travail, le garde prenait le service de planton ou de piquet à 18 h jusqu’au lendemain à 18 h, sans aucune compensation.
Puis il y avait le service du samedi et dimanche, qui commençait le vendredi soir à 18 h pour se terminer le lundi soir à 18 h. Ce service

se répartissait en 2 séries, la petite et la grande série. Chaque série comprenait environ 1/3 de l’effectif de la garde. La petite série commençait le vendredi soir à 18 h pour se terminer le samedi à 18 h. Ces agents-là pouvaient rentrer à leur domicile de service le samedi soir et le dimanche soir s’ils étaient mariés, et ils remontaient au fort le matin. La grande série commençait le samedi à 18 h jusqu’au lundi à 18 h sans pouvoir sortir du fort, sinon pour assister au culte ou à la messe le dimanche et sous contrôle. Comme le 1/3 de l’effectif était de service chaque samedi et dimanche le «tournus» donnait : 1 dimanche sur 3 de service, ce qui représente, sans compter les fêtes intermédiaires, 17 à 18 dimanches de service par année et tout ceci sans aucune compensation. Quant à l’indemnité pour les repas, elle se montait, pour les agents mariés, à fr. 1.- par jour; pour les célibataires : zéro.
Tout autre était le régime des fonctionnaires, dont un s.-of. supérieur était désigné de service le samedi et dimanche. Celui-ci bénéficiait de la compensation intégrale du temps, c’est-à-dire 1 1/2 jour ouvrable, ce qui lui permettait de rentrer chez lui du jeudi soir au lundi matin. Quant à l’indemnité de repas, elle lui était payée selon sa classe de traitement, ce qui compensait largement le prix de la pension qu’il payait au fort et même les 3 décis !

Voilà comment la justice sociale était comprise à l’époque ! Je ne m’arrêterai pas au régime des congés pas plus qu’à celui des salaires. Sachez seulement qu’ils étaient à la mesure de ce qui précède.

Trois pèlerins s’en vont à Berne
Ce qui devait arriver, arriva. Un jour 3 pèlerins gardes des forts prirent le chemin de Berne. C’était pendant une session du Conseil national. Ils y rencontrèrent un monsieur Weber, conseiller national. Ce monsieur s’occupait de questions sociales et était président d’une association de syndicats libres, c’est-à-dire non affiliée à l’Union fédérative. C’était en 1920-21. Nos trois pèlerins, qui avaient convenu d’un rendez-vous, expliquèrent la situation des gardes de forts à St-Maurice. M. Weber avait de la peine à y croire. Pour faire un travail utile et correct, il proposa de fonder une association du personnel des fortifications de St-Maurice, ceci basé sur l’art. 56 de la Constitution fédérale garantissant à tout citoyen le libre droit d’association.

Une lettre explosive

Ainsi fut fait et sur le champ il écrivit une lettre au chef du bureau des fortifications de St-Maurice, pour lui annoncer la création de la section des gardes de forts de St-Maurice, sans les syndicats libres. Ah!! mes amis… Quel coup de pied dans ce nid de fourmis ! Vous représentez-vous ce que cela voulait dire en 1921, 3 ans après la fameuse grève des cheminots de

1918, la création d’un syndicat dans une administration militaire ! C’était impensable, révolutionnaire, tout juste que nous ne méritions pas le poteau ! Et pourtant je le dis bien haut : aucun garde des forts ne regardait direction Moscou. Nous étions tout simplement d’honnêtes et paisibles citoyens, soldats-ouvriers, qui ne désiraient qu’un peu plus de justice, d’équité et de compréhension de la part des chefs à notre égard, particulièrement dans le domaine salaire, durée du travail et compensation des heures supplémentaires et de service. En un mot un petit peu de ce qu’eux avaient en abondance.

A quelques jours de la réception, au bureau, de la fameuse lettre, le chef du personnel, un colonel, monta à Dailly. Nous étions à l’appel principal du soir. L’intendant du fort nous mit au «fixe» et annonça la garde au colonel, en lui donnant la parole. Celui-ci n’y alla pas avec le dos de la cuillère. Dans une harangue dénuée de «fioriture», il nous fit part du profond mécontentement du chef du bureau et de lui-même sur la création d’un «Verband», c’est le terme qu’il employa, au sein du personnel militaire de St-Maurice, et qu’ils voyaient cela d’un très mauvais oeil. Vous êtes à la Croix du ciel, dit-il (il est vrai qu’à Dailly nous étions à 1200 m) et le bureau a toujours donné suite à toutes demandes du personnel dans quel domaine que ce soit et qu’en conséquence il n’était nullement utile de créer un «Verband» pour défendre les intérêts des gardes de forts, etc., etc. Cela dura environ 8 à 10 minutes et nous étions toujours au «fixe». La harangue terminée, ce fut le : «rompez vos rangs».
Que je dise tout de suite que les droits du personnel, à l’époque, se résumaient à ceci : 1. le droit de plainte conformément au règlement de service de l’armée suisse; 2. la demande d’entretien pour affaires de service personnelles. Concluez vous-mêmes sur les chances de succès que nous aurions eu en utilisant l’une ou l’autre des deux possibilités dans les cas précités. Il faut bien dire que cette façon de nous mettre au «fixe» pour nous «enguirlander» sur un sujet comme celui du droit d’association a complètement desservi la cause que ce brave colonel voulait défendre. En effet, à part 2 ou 3 défections, en l’espace de quelques jours toute la garde des forts et plusieurs fonctionnaires signèrent leur adhésion à l’Association des Gardes de forts de St-Maurice. Le syndicat était fondé. Une assemblée eut lieu, un comité fut nommé avec à sa tête comme président l’adj. s.-of. Rebaud qui vit encore. Retraité, il habite à Yvonand. Il a plus de 90 ans.

Premiers résultats
Puis ce fut l’ère des séances de comité, des assemblées avec son cortège de revendications et, Dieu sait, s’il y en avait ! Avec l’appui de notre président central, M. le conseiller national Weber, le contact s’établit d’abord avec le bureau, où tout ne fut pas facile, puis, par la voie de service, avec la section des fortifications à Berne, Petit à petit nous prenions droit de cité. Les chefs changèrent et les successeurs se montrèrent plus compréhensifs à notre égard. Le dialogue put s’établir. Une première amélioration intervint par la compensation d’une demi-journée le samedi matin pour ceux qui avaient été de service un dimanche. Puis ce fut la compensation intégrale du service du samedi et dimanche, ainsi que l’amélioration des indemnités pour les gardes qui ne pouvaient pas prendre leur repas à la maison. Enfin, ce fut la révision de l’échelle de traitement et règlement de la garde des forts, ainsi que la promotion à la qualité de fonctionnaires des chefs cibarres, chefs d’ateliers tailleurs et menuisiers, de plusieurs fonctions de commis de bureau et d’intendants, etc.

Toutes ces améliorations qui, il faut bien le souligner, s’échelonnèrent sur plusieurs années, créèrent un climat favorable et bénéfique pour l’administration comme pour le personnel. Les relations avec les chefs étaient meilleures. A l’occasion des fêtes de St-Barbe, Noël et 1er Août, chefs et subordonnés fraternisaient. L’on faisait du théâtre, un orchestre était créé à Dailly où l’intendant jouait du violon avec ses soldats; un air de confiance régnait. Ce fut une période agréable qui se termina par une crise dangereuse pour le syndicat.

Crise et heureux dénouement
Notre président central, le conseiller national Weber, s’en alla rejoindre la maison du Père. Ce fut un gros vide pour nous. Son remplacement posa de gros problèmes. Aucune bonne solution de rechange ne pointait à l’horizon. Des contacts furent pris avec diverses personnalités, voire conseillers nationaux. Ce fut échec sur échec. La barque de l’Association du personnel allait à la dérive. Les gardes de forts, syndicalement parlant, se séparèrent des fonctionnaires et vice-versa. Chacun créa sa propre section. Il y avait du chaos. Ce fut alors que le président de la section de la garde des forts, le cpl. Glauss prit contact avec le grand lutteur syndicaliste chrétien : Albert Curty. Alors les affaires ne traînèrent pas. Dans une conférence mémorable, dont il avait le secret, il amena d’un seul coup toute la garde des forts à la VGCV. Ce fut un coup de maître. A quelque temps de là, ce fut la section des fonctionnaires qui y adhéra également. Ainsi tout le personnel des fortifications de St-Maurice passa sous la houlette des syndicats chrétiens VGCV. Il m’est difficile de situer exactement cette période. Je la place entre les années 1932-1936.

Une ère nouvelle
Une ère nouvelle s’ouvrait à St-Maurice. Albert Curty s’attaqua d’emblée au problème de la nomination des gardes de fort à la qualité de fonctionnaires. Ses interventions furent nombreuses, mais hélas sans succès. Il faut dire que la conjoncture était mauvaise. C’était la période où il y eut la baisse des salaires pour le personnel fédéral, il y avait du chômage en Suisse un peu partout. Notre pays passait par une vilaine crise économique. Tout ceci n’était pas favorable pour une promotion de la garde des forts dans le rang des fonctionnaires. Petit-à-petit, et sans le savoir, l’on s’approchait de la grande guerre. Il y eut, à cette époque, un changement important à St-Maurice. Les intendances de Dailly et Savatan furent supprimées et remplacées par une seule instance : l’Intendance des fortifications de St-Maurice avec à sa tête le colonel Otto Weber, nommé Intendant des fortifications de St-Maurice, sous la juridiction administrative du cdt de la Br. Mont. 10, col. Br. Schwarz. L’Intendant avait un adjoint : le cap. Apothéloz avec résidence à Dailly. Tout un réseau de fortifications s’édifiait dans le secteur de la Br. Mont. 10. La Cp. volontaire 10 était à Savatan et dans le secteur de la brigade. Nous arrivions ainsi à la grande guerre 1939-1945. Cette période fut celle qui décida, par un sort injuste, du destin et de la fin de la garde des forts de St-Maurice.
Ecoutez plutôt. C’était au printemps 1941. Par un temps d’orage et en pleine nuit une voiture pilotée par le cdt de la Br. Mont 10, le col. Br. Schwarz, et dans laquelle se trouvait le col. Weber, Intendant des fortifications de St-Maurice, et le chauffeur du brigadier, l’app. Claret, se dirigeait sur St-Maurice, A l’entrée du village d’Evionnaz, la voiture fit une formidable «embardée» pour s’arrêter, après quelques tonneaux au milieu d’un pré. Résultat: 2 morts, le col. Weber et le chauffeur Clarret. Le col. Br. Schwarz s’en sortait sain et sauf. Nous étions en pleine période de guerre. Partout dans le pays l’on oeuvrait aux travaux de fortifications. Notre secteur n’en était pas le moins important. Il fallait activer, car nous n’étions pas à l’abri d’un éventuel envahisseur. A Berne, la section des fortifications étudiait et élaborait les nouvelles et futures dispositions sur le service des fortifications. Le col. Weber, en sa qualité de chef de l’Intendance des fortifications de St-Maurice, avait pris une part active à ces travaux et collaborait étroitement en la matière avec la section à Berne. Son brusque départ n’était pas de nature à faciliter les choses. Il fallut lui trouver un remplaçant. Qui ? Ce n’est pas les colonels qui manquaient, mais peut-être les compétences ! On ne remplace pas aisément un chef à la tête d’un pareil dicastère, ceci d’autant plus que le col. Weber avait plus de 25 ans de pratique dans les fortifications. Le cdt de la Garnison de St-Maurice, le col. Mamin prit les rennes en mains momentanément et en attendant que l’on donne un successeur au col. Weber, Ce fut le col. Cause, cdt territorial à Martigny, qui fut désigné intendant AI. Pourquoi le cap. Apothéloz, adjoint à Dailly, ne fut-il pas appelé ? Trop jeune ! C’est un défaut qui se corrige tous les jours ! Pas assez gradé ? Peut-être !

Le Corps des Gardes fortifications est créé

Un mois après le départ du col. Weber, le Conseil fédéral promulguait son arrêté fédéral du 25 juin 1941 sur le service des fortifications. Cet arrêté est entré en vigueur le 1er avril 1942. Il fixe les bases de la création du Corps des Gardes Fortifications. Dans les dispositions finales de cet arrêté, il est prévu l’intégration des anciennes intendances des fortifications dans la nouvelle formation. Pour tout le complexe du Gothard et de Sargans il n’eut pas de problème; ce fut passage pur et simple d’un régime à l’autre. Il n’en fut pas de même à St-Maurice. Pourquoi ? Il vaut mieux ne pas répondre à cette question ! C’est ici cependant que le départ si brusque du col. Weber se fit cruellement sentir. Jamais les choses n’auraient tourné à une pareille confusion s’il avait été là ! Maïs hélas ! Il n’était plus là pour la défendre, «sa garde», comme il l’appelait volontiers.
Toujours est-il que celle-ci fut mutilée et déchiquetée, On en fit trois parts: Une pour le CGF, une pour l’IMG et une pour le CCG qui avait préparé et trouvé ce savant dosage, auquel le personnel n’eut jamais droit de regard ? Il vaut mieux ne pas y répondre. C’était la guerre, les pleins pouvoirs, le règne des colonels. Et malgré les vigoureuses interventions et protestations de notre vaillant secrétaire, Albert Curty, il fallut passer par là !

Et c’est ainsi que commença, le 1er avril 1942, le ménage à trois dans les fortifications de St-Maurice. Vous pouvez bien penser que tout ne marcha pas comme sur des roulettes. Les forts étaient occupés par la troupe, qui n’avait rien à voir dans cette affaire. Pour certaines choses il fallait s’adresser à «ceux» de l’IMG, pour d’autres à «ceux» du CCG, pour d’autres encore aux «GF». A la vérité, ceux qui eurent le plus à souffrir dans ce «Capharnaum» ce furent certainement les nouveaux venus, c’est-à-dire les GF qui, eux, n’en pouvaient rien, les «pauvres». A Dailly, cela allait mieux. Là-haut une grande partie des anciens avait passé à la nouvelle garde, dont pour un le regretté adj, s.-of, Kühni, qui en était le chef

d’ouvrage et qui connaissait tout ! Mais ailleurs !

Heureusement, il y avait de la bonne volonté de part et d’autre parmi ceux de la base, les prolos comme dit l’oncle Séraphin. Quantité de choses s’arrangeaient à l’amiable et sans histoire. En définitive nous tirions tous à la même corde «fédérale» et entretenir l’animosité n’aurait fait qu’aggraver un état d’esprit malsain, qui avait suffisamment été mis à l’épreuve. Ceux qui ont vécu cette période me comprennent.

Mutations et intégration

La guerre mondiale continuait et les années passaient. On arriva ainsi à la fin de la guerre en 1945. La démobilisation générale commença et les soldats rentraient dans leur foyer. Ici se situe certainement l’épisode le plus douloureux pour les anciens gardes de forts qui n’avaient pas passé au CGF. Ordre leur fut donné de déposer l’uniforme militaire et de se mettre en civil du jour au lendemain. Dernier outrage, suprême humiliation à ces vieux gardes qui avaient accompli 10, 20, 30 ans de service et plus sous l’uniforme militaire. Du même coup l’assurance militaire fut supprimée.

Vous tous qui fêtez cette année le 25ème anniversaire du CGF, comment «encaisseriez-vous», si cela vous arrivait aujourd’hui, et sans aucune faute de votre part ? Je ne demande pas de réponse et je souhaite du plus profond de mon coeur que cela ne vous arrive jamais.
Puis ce fut le départ de tous les anciens, mis en civil, de l’IMG qui étaient encore dans les forts et qui furent transférés à l’Arsenal de St-Maurice. Pour eux tout était consommé. Ceux du CGF, par contre, restèrent dans les forts en civil; les casernes ne se transportant pas en plaine ! Et la vie continua comme cela pour eux jusqu’en 1948. Mais, comme vous pouvez bien le penser cela ne pouvait durer éternellement d’avoir dans les forts deux instances : les GF qui représentaient le gros de l’effectif en uniforme et une poignée d’agents du CCG en civil. Cette association hybride devait disparaître; c’est pourquoi, dans un geste qui l’honore, le CGF s’employa à y mettre fin. Une conférence eut lieu à Savatan entre le chef du personnel du CGF et le Cdt de la Cp GF 10 d’une part et le représentant du CCG et de la section des fonctionnaires d’autre part. Les conclusions de cette conférence furent que tout le personnel du CCG, qui avait appartenu à l’ancienne garde passerait au CGF avec effet au 1er janvier 1948. Ainsi se terminait le dernier acte de l’intégration de l’ancienne garde des forts au CGF. Une seule ombre restait au tableau et qui ne put être effacée:
la réintégration des anciens gardes transférés à l’IMG et qui n’ont pu rejoindre leurs camarades du CCG dans le CGF. Pour eux, comme dit plus haut : tout était consommé; dans leur coeur subsiste une injustice dont ils ont été les victimes involontaires.

Il y aurait encore quantité de choses à dire sur ce que fut l’ancienne garde des forts jusqu’au 1er avril 1942, mais cela nous amènerait à écrire un roman. Un témoin restera pour toujours : le petit fanion, emblème de l’ancienne garde, dont feu de col. Weber était si fier d’avoir fait confectionner au temps où il était Intendant des fortifications de St-Maurice. Ce fanion est en dépôt à Savatan où la nouvelle garde veille sur lui. Il sort du fort pour venir s’incliner sur la tombe d’un ancien qui nous quitte pour la maison du Père, puis il rejoint son poste.
Un vieux proverbe dit : Le Roi est mort, vive le Roi, et moi je dirai: «L’ancienne garde n’est plus, vive la nouvelle».
Bon anniversaire

Bon anniversaire au Corps des Gardes de Fortifications de toute la Suisse. Bon anniversaire à vous, compagnons de la Compagnie GF 10, anciens camarades de service, Avec vous j’ai aussi «bourlingué» dans le secteur de la Cp. Il y eut des mauvais moments, mais aussi beaucoup de bons, je ne veux me souvenir que de ceux-ci. Bon anniversaire à tous. A l’instar de votre Cdt., qui a si bien su exprimer à l’occasion de vos 25 ans de service, toute la noblesse de votre rôle dans l’accomplissement fidèle et journalier de votre devoir de soldat et d’ouvrier, je forme pour vous tous mes voeux les meilleurs.

Votre tâche est belle, elle ne sera pas uniquement parsemée de fleurs, il y aura aussi parfois des épines; écartez celles-ci avec patience et conservez celles-là avec amour. Soyez généreux et fidèles au poste et lorsque sonnera pour vous l’heure de la retraite, comme elle a sonné pour nous, vous serez contents et heureux de vous reposer dans le souvenir du devoir fidèlement accompli pour la sauvegarde de notre cher et beau pays. A vous tous Chefs et Soldats :

Bon anniversaire en ces premiers 25 ans du Corps des Gardes-Fortifications. Un ancien

Cet article est paru dans le journal SERVICE ET CUMMUNAUTÉ du 11 août 1967

 

Extrait du livre de John McPhee « La Place de la Concorde Suisse » paru aux Editions Grasset Paris 1985 ISBN 2-246-34591-X

 

Si l’on peut affirmer que le paysage helvétique est celui du monde le mieux mis en valeur, c’est parce que les Suisses, quand ils ont retouché leur sol, l’ont fait avec infiniment de talent. Une telle réussite découle dans une certaine mesure d’une exigence profonde. La Suisse n’a guère d’espace à gâcher; sa taille pose d’autre part un problème d’ordre militaire. Il n’y a pas de rose sans épines. Alors que chaque site de ce pays suffirait à faire la fortune d’un calendrier des Postes, pas une vallée, pas une montagne, pas un village, pas un paysage en Suisse qui ne soit prêt à exploser pour se défendre contre une invasion. « C’est un sujet dont nous ne parlons pas, m’a dit l’autre jour un colonel de l’Etat-Major. Ne me posez pas de question là-dessus. Mais ouvrez bien les yeux et vous allez voir ce que vous allez voir. »Il n’est pas obligatoire d’avoir passé à la rude école de la CIA pour distinguer, partout dans les Alpes, des pistes d’atterrissage. On ne cherche d’ailleurs pas à les dissimuler. Personne ne pourrait croire que ce ne sont que des tronçons d’autoroute dont la société aurait soudain fait faillite. Des installations plus récentes, comme certains hangars construits au cœur même de la montagne, présentent plus de mystère. Dans les forêts, on découvre des clairières qui ne semblent pas avoir leur raison d’être. Sur des calendriers, on pourrait les confondre avec des alpages. Mais on n’y rencontre ni vache, ni chalet, ni berger. En Suisse, personne n’abattra un arbre dans une forêt sans une autorisation fédérale. Alors, pourquoi ces trouées nettement dessinées au milieu des bois ? Ce sont tout simplement des champs de tir, qui ouvrent sur des canons du dernier modèle dissimulés dans la roche et pointés sur un objectif bien défini : l’entrée d’un tunnel, l’arche d’un pont — qui pourraient avoir besoin tout à coup des soins empressés d’un tir bien ajusté. Tout a été programmé depuis longtemps; les obus sont prêts à voler dans l’espace.

Des milliers de gros canons sont installés dans le roc et, dans une mesure qui reste confidentielle, ils sont continuellement prêts à tirer. Au-dessus de Brigue, sur la route du col du Simplon, à dix kilomètres environ du secteur où patrouillent Massy et ses camarades, se dresse un pont flambant neuf qui repose sur des piliers élancés, rectangulaires. Il domine, à près de cent cinquante mètres, une gorge profonde. C’est un pont arqué, de béton blanc. Ses câbles de suspension sont invisibles. Il est superbe à voir, s’incurvant ainsi à travers l’espace; bref, un chef-d’oeuvre du Génie civil. Il rend l’accès au Simplon plus court et plus aisé. Le Simplon étant ce qu’il est sur le plan stratégique, il ne fait aucun doute que les Suisses sont prêts à faire sauter ce pont, n’importe quand, à l’instant même s’il le faut. La vérification du système de destruction est un exercice de routine. C’est souvent l’ingénieur civil ayant conçu le pont qui, revêtu de son uniforme d’officier, sera chargé de le faire sauter. Une fois détruit, il faudra, par un feu de couverture, empêcher l’ennemi de le reconstruire.
La route du Simplon, qui se fraie un passage à travers de formidables masses rocheuses, offre aux yeux des automobilistes tant de surprises qu’ils ont tendance à ne pas remarquer la pierre des murs de soutènement. Ce sont des blocs de granit, ou quelque chose d’approchant, mais par places le grain de la pierre est comme altéré. On peut observer ce phénomène à deux kilomètres au nord du fameux pont en courbe dont nous venons de parler. Il n’y a là ni barrage ni contrefort au bord de la route; mais si vous vous arrêtez devant l’anfractuosité la plus proche qui sert de refuge contre les avalanches, retournez-vous : vous vous apercevrez alors, en regardant très attentivement, qu’une partie des pierres du mur de soutènement est en plastique. Deux douzaines de blocs de plastique, imitation granit, forment deux panneaux mobiles*. En fait, ce sont des meurtrières, invisibles pour le moment. Elles donnent directement sur l’extrémité toute proche du pont. Feu préparé. « Ne me posez pas de question là-dessus. Mais ouvrez bien les yeux ! Vous allez voir ce que vous allez voir !

Pour interdire à un ennemi éventuel l’usage des ponts, des tunnels, des routes, des voies de chemin de fer, la Suisse a installé trois mille points de destruction. C’est le chiffre publié officiellement. On m’a laissé entendre que, pour approcher de la vérité, il faudrait le multiplier par deux. Partout où un pont franchit une voie de chemin de fer, un segment de ce pont est programmé pour s’écrouler sur les rails. D’autre part, des pièces d’artillerie ont été dissimulées à proximité, pour interdire à l’ennemi de déblayer les décombres ou de réparer les dégâts. On évalue ces pièces, qu’elles soient camouflées ou non, à plus de douze mille. C’est le principe du Porc-Épic. Près de la frontière allemande, chaque tunnel routier ou ferroviaire est prêt à s’effondrer sur lui-même ! Les montagnes alentour sont devenues si poreuses que des divisions entières peuvent s’y caser. Des soldats complètement équipés peuvent s’entasser dans des refuges aménagés sous des granges factices. On a posté des canons dans de ravissantes maisonnettes. Partout où les routes suisses longent une bande étroite de terrain entre lac et falaise, des avalanches de rochers, préparées par la main de l’homme, sont prêtes à débouler.

Vous devinez dans le flanc des montagnes, au-delà de portes verrouillées, des couloirs qui se prolongent dans le roc. Entrons : au plafond, des lampes sont disposées tous les cinq mètres, bien trop nombreuses pour qu’on en fasse l’addition. Nous nous trouvons dans un hôpital, creusé au plus profond du roc, ou dans un de ces dépôts de carburant bien assez vastes pour alimenter pendant plus d’une année l’armée entière, du premier avion à réaction au dernier Haflinger. On y trouve aussi, bien sûr, de la nourriture et, inutile de le dire, des munitions. Les réserves alimentaires, en parfait état de fraîcheur, sont mises en vente régulièrement dans le public, ou consommées par la troupe, puis aussitôt reconstituées. Il existe un pain de l’armée suisse qu’on peut conserver deux ans. Enveloppé sous vide et dur comme de la pierre. Exposé à l’air, il gonfle et redevient moelleux. On cache aussi des munitions dans les forêts; seuls les officiers savent où se trouvent ces cachettes.

Plusieurs pays, l’Union soviétique comprise — dont le projet d’établir une carte militaire du territoire helvétique n’a pas échappé à l’attention des Suisses —, espionnent ces points de défense et cherchent à situer ces mystérieuses installations. Il est clair que les Russes considèrent la neutralité armée comme une agréable formule de pure rhétorique. Pour eux, la Suisse et le pacte de l’Atlantique ne font qu’un, même si Berne s’élève vivement contre cette affirmation. Il semble que les Soviétiques considèrent la Suisse comme une espèce de Fort Alamo capitaliste, l’ultime position de défense d’une Europe occidentale en train de s’écrouler.

Circulez à travers la Suisse avec toutes ces idées en tête : vous découvrirez alors de petites routes qui vont buter contre des parois montagneuses; des entrées de souterrains, grosses taches sombres, aménagées sous des voies ferrées alpines et sous de sinueuses routes en corniche; des portails de toutes formes, tapissés de pierre. Il vous sera facile d’imaginer que presque tous ces ouvrages d’art ne sont que supercherie, dissimulant quelque installation militaire. Voici par exemple un bâtiment, aux vastes portes closes, qui ressemble à un dépôt de chasse-neige. Mais pourquoi faudrait-il protéger des chasse-neige par une clôture de barbelés aussi élevée ? Peut-être dégage-t-on ici la neige à coups de canon de dix centimètres et demi ? Peut-être cette construction est-elle l’émergence d’un puits de mine ? On ne pénètre pas toujours dans ces installations souterraines par le flanc des montagnes, mais pour certaines d’entre elles, par des bâtiments ordinaires dont les sous-sols se prolongent bien loin sous terre.

Voilà une montagne : elle semble tout à fait capable de tenir debout toute seule mais non, elle est dotée à sa base d’une immense paroi aveugle de béton. Plus loin, vous découvrez un amas d’éboulis, mais si vous levez les yeux pour chercher la montagne d’où il est descendu, vous ne trouvez pas de montagne. Vous en déduisez que ce matériau est bien venu de quelque part et vous percevez intuitivement que sous terre doivent s’étendre de vastes espaces évidés qui expliquent la présence de ces blocs de rochers répandus à la surface du sol.

Il existe en Suisse trois centres de défense principaux, chacun soigneusement dissimulé. Ce sont en fait trois forteresses. L’une d’elles se trouve près de la frontière autrichienne, une autre en amont du lac Léman et la troisième dans la région du Saint-Gothard, le passage central des Alpes. Ces forteresses sont pareilles à des colonies de fourmis souterraines. Elles sont opérationnelles de manière permanente. Tandis que les soldats, comme Massy et Wettstein, font leur cours de répétition par monts et par vaux, d’autres soldats de l’armée passent le même temps sous terre. Ces installations sont désignées sous le nom de Festungen (forteresses) d’une manière impropre. Le mot évoque en effet une citadelle qui constituerait une seule unité, une sorte de Fort Ticonderoga au bord du lac Champlain. En fait, ces forteresses sont constituées d’un entrelacs de tunnels, de souterrains, de bunkers, d’installations de surface, et s’étendent chacune sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés. S’ajoutant à ces places fortes principales, il existe tout un système de redoutes dispersées sur le territoire; ce sont des ouvrages fortifiés du même type, creusés dans le roc, parfois encore plus vastes que ces trois Festungen. Même au sein de l’armée, les dimensions, la situation, les objectifs de toutes ces installations défensives, restent secrets et ne sont connus que de quelques-uns directement concernés. Certaines d’entre elles — quelle ironie ! — ont été construites par des travailleurs étrangers. Eux savent où elles sont — mais pas les Suisses !

* A ce sujet il est particulièrement intéressant de savoir que quelques temps après la parution de ce livre, l’armée a modifié le camouflage de ces embrasures en recouvrant les murs en polystyrène extrudé (Styrofoam) par du béton projeté sur treillis, imitation rocher…ainsi les 2 types de camouflages se trouvent superposés

Ci-dessous, 3 courts extraits du livre à l’image de son contenu…

« Le Jura est si parfaitement paré contre une invasion qu’il fait penser à un cuirassé camouflé qu’on aurait tiré à sec. »

«…une demi-douzaine de soldats en tenue de combat surgirent au pas de course en tirant derrière eux un long filin qu’ils introduisirent dans un trou. De temps à autre, une tête émergeait du trou. Les passants semblaient à peine remarquer le manège. A Bâle, s’exercer à faire sauter un pont, c’est presque de la routine. »

«…Le Château de Chillon se dresse là, à proximité immédiate de la route, les pieds dans l’eau. C’est là aussi que l’on a mis en place tout ce que l’homme a pu inventer comme engins de guerre capables de barrer la route à une avance ennemie menaçante. En face du Château, un ouvrage de pierre savamment fortifié abrite toute une artillerie. » Voir le plan du fort de Chillon

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Troupes de forteresse, une brève orientation (1982)

Office fédéral du génie et des fortifications

Edition Juillet 1982

Troupes de forteresse
Une brève orientation

Généralités

L’image actuelle de la menace militaire est caractérisée par

– l’engagement de forces entièrement mécanisées visent à atteindre dans les plus brefs délais leurs objectifs, même ceux situés au cœur du pays,
– l’engagement de forces aéroportées capables d’attaquer par surprise tout objectif important, en un point quelconque de notre territoire,
– les appuis massifs de feu conventionnel, chimique et nucléaire dont bénéficient ces forces.

Pour réussir dans son entreprise, l’ennemi serait vraisemblablement amené à s’emparer rapidement de voies de communication à grande capacité qui lui sont nécessaires pour le déplacement de ses forces mécanisées et, surtout, pour assurer leur support logistique.

En zone frontière et dans le secteur central, il incombe à nos brigades de combat (brigades frontière, de forteresse et de réduit) de barrer les axes de pénétration et de traversée. Leur infanterie mène le combat défensif à partir de points d’appui et de barrages, dans un terrain favorable à l’exécution de la mission et valorisé par des ouvrages permanents de renforcement du terrain.

Il s’agit en l’occurrence de destructions, de minages et de constructions établies déjà en temps de paix, comme par exemple :

– des obstacles pour “entraver la liberté de manœuvre de l’ennemi”;
– des ouvrages de protection propres à “assurer la survie afin de pouvoir combattre”;
– des ouvrages fortifiés, c’est-à-dire des positions d’armes permanentes construites en application du principe “la protection augmente l’efficacité”.

Les ouvrages de protection (postes de commandement, installations de transmission et abris) ne sont pas armés; ils protègent la troupe des seuls effets des armes.

Les ouvrages fortifiés présentent les caractéristiques suivantes :
• leur préparation au combat peut être établie dans un délai très court;
• leurs armes sont constamment prêtes à 1’engagement;
• ils disposent de liaisons fil permanentes pour la conduite des feux et la direction des tirs;
• ils offrent une bonne protection contre les armes conventionnelles, chimiques et nucléaires;
• ils disposent d’une grande autonomie de soutien.

Les troupes de forteresse occupent les ouvrages fortifiés, en assument l’exploitation et en servent les armes.
Suivant leur armement, on distingue les ouvrages d’infanterie et les ouvrages d’artillerie. Ils peuvent être de surface ou souterrains, creusés dans le rocher ou construits en béton.
Les ouvrages d’infanterie sont occupés par des formations d’ouvrages, les ouvrages d’artillerie par des formations de forteresse.
Selon leur grandeur, les ouvrages fortifiés sont classés “forts” ou “fortins”.
L’ensemble du personnel affecté a un fortin ou un fort constitue son “équipage”. Par “garnison” on désigne les troupes qui font partie d’un secteur fortifié.

Les fortins ont un équipage qui peut atteindre la valeur d’une section. La défense extérieure de l’ouvrage ainsi que le soutien et le service sanitaire des équipages, doivent être assurés par l’infanterie du secteur. Les forts disposent de personnel et d’installations pour le soutien et le service sanitaire. L’effectif de l’équipage, supérieur à une section, comprend des fantassins de forteresse pour assurer la défense extérieure. Celle-ci a pour mission d’interdire à l’ennemi l’accès des parties extérieures vulnérables de 1’ouvrage : embrasures, tourelles, entrées, etc.

Un personnel spécialisé – les soldats de protection d’ouvrage ou de service d’ouvrage – assure le fonctionnement des installations vitales d’un ouvrage fortifié, le service de lutte contre le feu, le service de sauvetage et la police d’ouvrage. Par “installations vitales” on entend les installations de ventilation, d’alimentation en eau et en courant électrique, de même que celles assurant la protection contre les effets des armes chimiques et atomiques.

La plupart de nos fortifications permanentes ont été érigées peu avant ou durant la Deuxième guerre mondiale. Elles sont constamment adaptées, dans la mesure des possibilités, aux formes modernes de la menace. Des constructions nouvelles remplacent les ouvrages vétustes ou complètent le dispositif des fortifications permanentes.

Formations d’ouvrages

Les formations d’ouvrages (compagnies d’ouvrages) interdisent à l’ennemi, par le feu de leurs armes sous casemate, de surmonter les obstacles et par là en maintiennent la valeur. Elles sont en règle générale subordonnées à l’infanterie du secteur; leurs fortins et leurs forts sont intégrés dans les points d’appui et les barrages.

L’emplacement, les dimensions, l’armement et le nombre des ouvrages d’infanterie relevant d’une compagnie d’ouvrages sont fonction des conditions topographiques. Certaines compagnies, par exemple, sont réparties entre plusieurs fortins, d’autres occupent un fort et quelques fortins, d’autres enfin un seul fort.

Les compagnies d’ouvrages occupant un ou des forts d’infanterie peuvent, si elles sont organisées en conséquence ou si elles sont renforcées, se voir confier une mission tactique indépendante (barrer ou tenir).

Les officiers des compagnies d’ouvrages occupant des fortins assument, après une
mobilisation de guerre, la fonction de conseiller technique auprès de l’infanterie du secteur. Des officiers subalternes peuvent être engagés comme commandants de fortins d’une certaine importance ou de points d’appui.

Certains forts d’infanterie sont armés de pièces d’artillerie. En tir indirect, celles-ci appuient l’infanterie du secteur; leur feu est dirigé par des commandants de tir des formations de forteresse. Ces pièces peuvent également être engagées en tir direct.

Formations de forteresse

L’artillerie de forteresse est l’arme d’appui la plus importante dont disposent les commandants des brigades de combat. Par le feu de leurs pièces d’artillerie, les formations de forteresse appuient le combat de l’infanterie de landwehr engagée dans les points d’appui et les barrages. Elles combattent également l’ennemi dans la profondeur du secteur de combat. L’artillerie de forteresse dispose de tourelles et de casemates et, dans certains cas, de pièces d’artillerie mobiles.

Les brigades de forteresse et les brigades de réduit disposent chacune d’un régiment de forteresse comprenant un état-major, une compagnie d’état-major et de 2 à 5 groupes de forteresse. De leur côté, les brigades frontières disposent chacune d’un groupe de forteresse ou d’une compagnie de forteresse indépendante. Les groupes de forteresse se composent d’un état-major, d’une compagnie de direction des feux de forteresse et de plusieurs compagnies de forteresse. La compagnie de forteresse fournit l’équipage d’un fort d’artillerie ou de plusieurs fortins d’artillerie. Elle compte une ou plusieurs batteries de pièces. La batterie de pièces constitue l’unité de feu de l’artillerie de forteresse; le nombre de tubes peut varier de 1 à 6. Les batteries d’une même compagnie de forteresse peuvent être équipées de pièces de différents types.

Pour le combat par le feu, plusieurs batteries qui peuvent être prélevées sur divers groupes de forteresse, sont réunies en un groupe d’artillerie de forteresse. Un poste central de tir de groupe coordonne les feux. Dans les compagnies de forteresse indépendantes, c’est le commandant de tir lui-même qui assume cette coordination. La conduite des feux et la direction des tirs de l’artillerie mobile et de l’artillerie de forteresse sont identiques. Ceci assure une collaboration efficace entre les deux types d’artillerie.
Les régiments de forteresse disposent de leur propre défense contre avions. Celle-ci a pour mission de protéger les tourelles et les embrasures des forts d’artillerie contre les attaques aériennes. Elle est intégrée dans le dispositif de défense extérieure des ouvrages.

Classes d’âge

Les régiments de forteresse des brigades frontière et les formations d’ouvrages des brigades de combat se composent de militaires de la landwehr et du landsturm issus des troupes mécanisées et légères et de l’artillerie. Après leur passage en landwehr, ils reçoivent une instruction complémentaire. Ils effectuent trois cours de complément de deux semaines, avec un intervalle de deux ans entre les cours, et un cours du landsturm de même durée. Les officiers accomplissent de tels cours, précédés d’un cours de cadres, tous les 2 ans. Suivant leur fonction, ils accomplissent en plus une ou deux périodes d’instruction de 13 jours.

Les régiments de forteresse des brigades de forteresse et de réduit regroupent les militaires des trois classes de l’armée: élite, landwehr et landsturm. Ils accomplissent tous les deux ans un cours de répétition ou de complément de trois semaines. Leurs obligations militaires sont les suivantes : – 6 cours de répétition de 20 jours dans l’élite
– 2 cours de répétition et 2 cours de complément de 20 jours dans la landwehr
– 1 cours de 13 jours dans le landsturm

Ils accomplissent le même nombre de jours de service que les militaires des autres armes.
Les commandants et officiers subalternes en âge d’élite incorporés dans les régiments de forteresse accomplissent, les années où leur unité n’effectue pas de cours de répétition, un cours technique de trois semaines. Les officiers subalternes accomplissent en landwehr, tous les deux ans un cours de complément de 20 jours; en landsturm deux cours de 20 jours. Selon leur fonction, les officiers subalternes accomplissent une ou deux périodes d’instruction de 13 jours.

Instruction

Depuis le 1er janvier 1977, date à laquelle les troupes de forteresse ont été élevées au rang d’ »arme », la responsabilité de l’instruction dans les écoles et cours incombe à l’office fédéral du génie et des fortifications. Cette instruction est donnée principalement sur les places d’armes de Mels (ESO et ER) et de St-Maurice (EO et cours d’of).

Les fonctions et insignes des troupes de forteresse

Les insignes (pattes de col) des troupes de forteresse montrent, sur un fond rouge écarlate, au-dessus d’une embrasure stylisée, les symboles des fonctions suivantes:

Infanterie de forteresse

Fusiliers:
Ils assurent la défense extérieure des forts. Ils mènent le combat par le feu à partir de nids de résistance et sont prêts à déclencher des contre-assauts afin de repousser ou de détruire l’ennemi qui s’est infiltré dans le dispositif.

Mitrailleurs, canonniers antichars:
Ils prennent part, avec leurs armes sous casemate ou mobiles, à la défense extérieure des forts. Ils renforcent les barrages, nids de résistance ou points d’appui de l’infanterie du secteur.

Canonniers lance-mines:
Ils combattent par le feu de leurs lance-mines de forteresse ou mobiles les bases de feu ennemies dans les environs de l’ouvrage et appuient le combat de la défense extérieure.

Soldats du service d’ouvrage:
Ils desservent les installations dans les fortins d’infanterie (ventilation, téléphone, etc.).

Artillerie de forteresse

Canonniers d’artillerie:
Ils desservent les pièces de forteresse et veillent la préparation des munitions d’artillerie.

Topographes:
Ils sont engagés comme aides PCT et comme aides des commandants de tir aux postes d’observation.

Observateurs:
Ils sont incorporés dans les sections météorologiques d’artillerie des régiments de forteresse. Ces sections établissent périodiquement des bulletins météorologiques qui permettent de déclencher des tirs d’efficacité sur la base de calculs, c’est-à-dire sans tirs de réglage.

Service de transmission et de renseignements

Soldats de transmission:
Ils établissent et entretiennent toutes les liaisons fil et radio des zones d’observation et des positions de l’artillerie de forteresse. Dans les ouvrages, ils desservent les installations de transmission des postes de commandement, les centraux téléphoniques et d’alarme.
Ils établissent les liaisons nécessaires pour l’observation de l’espace aérien et pour l’engagement des pièces de défense contre avions.

Soldats de renseignements:
Après avoir reçu une instruction de base comme soldats de transmission, ils sont formés comme soldats de renseignements au cours de l’école de recrues.

Défense contre avions

Canonniers de défense contre avions de forteresse:
Ils desservent les canons de défense contre avions de forteresse.

Observateurs aériens:
Il leur incombe d’alerter à temps les canonniers de la défense contre avions de forteresse.

Automobilistes

Automobilistes:
Ils sont chargés des transports.

Protection d’ouvrage

Soldats de protection d’ouvrage:

Ils assurent la vie dans les forts et les fortins d’artillerie. Entre autres choses, ils desservent les installations AC, assurent la police d’ouvrage, combattent les incendies dans l’ouvrage et répondent du service de sauvetage.

Machinistes:
Ils sont responsables du service des machines.

Personnel des téléphériques:
Il assure l’exploitation des téléphériques, des funiculaires et des monte-charge des ouvrages.

En plus des fonctions précitées, on trouve dans les troupes de forteresse également des artisans, des aides de cuisine, des soldats sanitaires, etc. qui sont instruits comme dans les autres armes.

Le corps des gardes-fortifications (CGF)

Le corps des gardes-fortifications est un corps professionnel organisé sur des bases militaires. Il remplit les tâches principales suivantes:

– en temps de paix:
• entretenir, gérer et surveiller les ouvrages fortifiés et autres installations militaires: ouvrages minés, etc.
• collaborer à l’instruction militaire et technique des formations d’ouvrages et de forteresse,

– en cas de mobilisation de guerre:
• établir la préparation à l’exploitation des ouvrages fortifiés où des gardes-fortifications sont intégrés dans l’équipage.
• les officiers du corps des gardes-fortifications sont incorporés à l’état-major des Grandes Unités en qualité de chef CGF.


La Suisse est divisée en 3 zones de fortifications comprenant des arrondissements, des régions et des secteurs de fortifications. Le corps des gardes-fortifications, subordonné au directeur de l’office fédéral du génie et des fortifications, oeuvre surtout au profit des troupes de forteresse.

Conclusions

Les ouvrages fortifiés sont justifiés lorsque

• ils sont construits dans des sites où ils peuvent agir sur des compartiments de terrain qui, compte tenu des formes actuelles ou futures de la menace, permettent d’arrêter l’ennemi et de créer des conditions favorables à son anéantissement;

• ils sont placés de manière telle que leurs armes à tir direct puissent entamer le combat en même temps et avec la même probabilité de toucher que l’ennemi (situation de duel à chances égales);

• ils disposent d’un armement qui garde sa pleine efficacité, même si l’ennemi engage des matériels nouveaux;

• ils sont armés et équipés de manière à pouvoir fournir la densité de feu nécessaire à l’endroit et au moment voulus;

• ils sont construits de manière à assurer une grande chance de survie à leurs équipages et à garantir un engagement rapide et de longue durée de leurs armes.

Les troupes de forteresse sont des formations d’appui qui mènent un combat statique. Elles créent des conditions favorables pour l’engagement de nos forces de riposte en barrant les axes de pénétration et de traversée importants et en combattant par le feu l’ennemi dans la profondeur du secteur de combat.

Les troupes de forteresse doivent être motivées par l’engagement offensif de leurs armes en vue de détruire l’ennemi et non par l’élément passif de la protection fournie par les ouvrages fortifiés.

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